Histoires, contes de sagesse, proverbes, textes à caractère spirituel

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Message par Dryade le Lun 14 Mai - 17:18

Rappel du premier message :

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Les bras de la dryade
"Quand Timaeus était un bébé, il pouvait déjà disparaître des heures entières.
Cela rendait Megaera folle de se réveiller le matin et trouver son berceau vide. Ou de se tourner quelques secondes pour retrouver son panier retourné, la porte ouverte et son enfant nulle part en vue.
La première fois arriva quelques jours à peine après sa naissance. Après des jours à refuser de laisser quiconque le prendre, des jours à se souvenir de son petit corps immobile, inerte et enveloppé de lin brut, elle avait finalement succombé à l’épuisement, l’avait posé dans son petit lit et s’était endormie, une main sur son petit ventre rond, à sentir sa respiration.
Et elle se réveilla devant un lit vide.(...) "

http://valeriane.org/blog/les-bras-de-la-dryade/


Dernière édition par Kolam le Lun 14 Mai - 18:26, édité 1 fois (Raison : Absence de majuscule dans le titre.)
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Message par Invité le Jeu 14 Fév - 15:08

Pas mal!

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Message par Reïna le Jeu 14 Fév - 16:52

Le métier de pêcheur n'est pas toujours facile et, sans un peu de chance, il arrive que ces travailleurs de la mer ne soient guère payés de leur peine. Ainsi, un brave père de famille de la côte Adriatique, proche de la pointe de Samana, avait-il bien du mal à nourrir ses cinq enfants. Jamais la pêche n'était vraiment abondante, et il arriva même un moment où il resta dix jours sans prendre le moindre poisson.
"Tout cela est très injuste, disaient les gens de son village, car il est le plus travailleur et il connaît son métier mieux que personne."
On le plaignait beaucoup, mais, comme tout le monde était pauvre, personne ne se trouvait en mesure de lui venir en aide. Ses enfants avaient faim, et sa femme qui n'était pas très solide ne pouvait que laver un peu de linge pour gagner de quoi acheter du pain.
Le brave homme eût bien fait un autre métier, mais il ne trouvait pas d'embauche. Et puis, parce qu'il aimait la mer, il espérait toujours qu'elle finirait par se montrer généreuse avec lui.
Un jour que le Roi passait par là, il entendit les enfants qui criaient famine. Il se renseigna, on lui dit combien ce pêcheur fort méritant jouait de malchance, et ce roi riche et bon décida de l'aider.
"Je veux faire quelque chose pour toi, lui dit-il, mais je tiens absolument à ce que tu restes pêcheur. Tu vas continuer ton métier et, chaque fois que tu apporteras quelque chose dans ton filet, tu viendras l'apporter sur le plateau de ma balance. Dans l'autre plateau, je mettrai le même poids en sequins d'or, et cet or sera pour toi."
De nouveau plein de courage et d'espérance, le pêcheur reprit la mer. Trois jours passèrent, trois jours et trois nuits sans une minute de repos. Trois jours et trois nuits à ramer, à lancer son filet, à le ramener sans qu'il vît l'ombre d'un poisson.
"Je suis maudit ! se lamentait-il. Nous mourrons tous de faim."
Le pêcheur épuisé rentra au port, mais avant d'amarrer sa barque, il lança son filet une dernière fois. Lorsqu'il le retira, il n'y trouva qu'une feuille de chêne déjà bien abîmée par l'eau salée. Il allait la jeter lorsqu'un camarade lui dit :
"Que risques-tu à la porter au Roi ? il n'a pas parlé de poisson, il t'a dit de lui porter tout ce que te ramènera ton filet.
- Il va croire que je me moque de lui, et peut-être même me fera-t-il jeter en prison ?
- Non, il ne le fera pas. C'est un bon roi. Et je suis tout disposé à témoigner que tu as bien pêché cette feuille."
Le pêcheur était tellement désespéré qu'il mit la feuille dans sa poche et prit le chemin du palais royal.
Lorsque le roi le vit arriver avec sa prise, il se mit à rire.
"Mon pauvre ami, fit-il, cette feuille est si légère qu'elle ne fera même pas bouger d'un cheveu le fléau de ma balance. Mais enfin, puisque tu es venu jusque-là, tentons tout de même l'expérience."
Le pêcheur posa sa feuille sur le plateau qui tomba comme si on l'eût chargé de plomb. Et le trésorier du roi commença de poser des sequins sur l'autre plateau. A haute voix, un secrétaire comptait.
"Un sequin, deux sequins, trois sequins..."
La balance ne bougeait toujours pas. Et il fallut soixante sequins pour faire monter enfin le plateau où se trouvait la feuille.
Le pêcheur s'en alla avec les pièces et le roi, qui n'en revenait pas, garda la feuille. Tous les savants du royaume furent invités au palais où ils demeurèrent longtemps à examiner cette feuille de chêne si étrange. Ils se livrèrent à toutes les analyses que la science pouvait permettre et, en fin de compte, ils furent bien obligés de reconnaître que cette feuille n'avait d'autre particularité que son poids.
Bien entendu, le pêcheur que l'on soupçonnait de magie fut interrogé, mais les enquêteurs, qui étaient des juges honnêtes, déclarèrent qu'il était beaucoup trop naïf pour être magicien.
Lui-même ne savait rien. Il ne pouvait rien savoir, car il n'avait pas assez de mémoire pour se souvenir des moindres détails de sa vie d'enfant.
C'était pourtant dans sa plus tendre enfance que dormait le secret de cette feuille. Car le pêcheur n'avait guère que trois ou quatre ans lorsqu'un laboureur, voisin de son père, avait déraciné et jeté sur le chemin un jeune chêne né en bordure de son champ. L'enfant l'avait ramassé ce tout petit arbre et l'avait planté en un endroit où personne ne cultivait le sol. Reconnaissant, le chêne, qui avait grandi en toute liberté, avait saisi cette occasion de remercier celui à qui il devait la vie.
Et sans doute parce qu'il détenait le pouvoir de conjurer le mauvais sort, il s'arrangea pour que le pêcheur ne retire plus jamais de l'eau un filet vide.



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Message par Le manège enchanté le Jeu 14 Fév - 18:14

La réalité de Fa-Hui...


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Il est dit que Fa-hui ne scrutait pas le monde, mais bien parfaitement la vision qu’il en avait. Cet exercice était pour lui naturel et tel était aussi son verbe. Aussi, ses mots reflétaient-ils parfaitement le clapotis d’un ruisseau ou le souffle du vent lorsqu’il cherchait à les évoquer ; tous ceux qui l’avait entendu conter ses histoires disaient d’ailleurs que la description de ses paysages étaient si époustouflante que chacun s’y trouvait projeté comme s’ils étaient réels.

Un jour, un illustre conteur du nom de Hui-jen eut vent de son existence et fut pris d’une jalousie inextinguible tant les commentaires qu’il avait entendu sur les talents de Fa-hui étaient, à ses yeux, scandaleusement élogieux. Il décida donc d’aller se rendre compte par lui-même des soit disant prodiges accomplis par ce dernier et de le mettre à l’épreuve.

Après un long voyage, il arriva jusqu’à son ermitage. Fa-hui était tranquillement assis, les yeux perdus dans le vide. Arraché à sa somnolence, il salua chaleureusement son visiteur qui en retour prit un air faussement amical et lui retourna son geste.

S’empressant d’écourter les échanges de politesse requis par la bienséance, Hui-jen demanda tout de go à son hôte une démonstration de ses talents. Fa-hui ne se fit pas prier et sans plus tarder, il commença à conter une histoire anodine, prétexte à évoquer les beautés de la nature qu’il chérissait par dessus tout.

A l’écoute de la narration de Fa-hui, Hui-jen commença par entendre le vent qui tournoyait dans les hauteurs des cèdres. Pendant ce temps, des grenouilles semblaient discuter entre elles d’une bordure à l’autre d’un étang. Les roseaux ployaient doucement, puis très perceptiblement, car le vent commençait à siffler, menaçant. Il aurait juré entendre maintenant des gouttes de pluie tomber sur les feuilles des nénuphars, et bientôt, il pu très nettement voir ces gouttes de plus en plus nombreuses frapper sur la surface de l’étang.

Il pleuvait à présent à verse, le ciel était noir. Tout cela semblait si réel que la jalousie et la fureur de Hui-jen ne cessaient de croitre. Fa-hui quant à lui, indifférent à son humeur, continuait sa narration. C’était maintenant une véritable tempête et on voyait ça et là les animaux chercher refuge. On pouvait même voir les escargots se recroqueviller dans leurs coquilles et l’étang devenir boueux à ses endroits les moins profonds. C’en était trop, la perfection et le réalisme de ce paysage devenait intolérables ; Hui-jen était sur le point de laisser exploser sa colère, et pour faire cesser cette torture il voulu crier : « ça suffit ! ». Mais au lieu de pouvoir prononcer ces mots, ce fut comme la foudre qui sorti par sa bouche ; dans un fracas assourdissant, elle s'abattit sur un arbre à proximité de l’étang, et la cime en fut à l’instant carbonisées et réduite en éclats.

A cet instant, Hui-jen fut abasourdi et toute sa colère s’évapora sur le champ.
En quelques minutes, Fa-hui fit cesser la pluie, apaisa le souffle du vent, chassa les nuages lourds, et fit apparaître un soleil radieux, puis il se tut.

Dans la cabane, tout était redevenu silencieux. Hui-jen souriait ; l’air stupide et béat. Fa-hui le regarda avec une expression de vive admiration et dit : « Je n’ai jamais réussi à évoquer la foudre comme vous venez de le faire, je vous en prie, ayez la bonté de me l’enseigner. »
Hui-jen, pour exprimer sa honte, fit entendre le son des gouttes d’eau qui après l’orage et la pluie glissent, nombreuses du haut des arbres, et viennent rebondir sur le sol et sur les plantes. Fa-hui comprit et l’étreignit joyeusement.
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Message par Reïna le Dim 17 Fév - 17:56


Les enfants et la femme de Lapin mouraient de faim, car celui-ci n'avait rien à leur donner pour se mettre sous la dent Il se décida à aller leur chercher un peu de liane douce, mais par manque d'attention il pénétra sur les terres du Grand Diable. Dès qu'il s'en rendit compte, ce dernier se précipita et brutalement lui demanda:

- Que faites-vous ici ?
- Je prends quelques branches pour nourrir ma famille !
-Vous ne savez donc pas que vous êtes sur mes terres ? et que je vais vous manger ?

Lapin répliqua:

- Mais Patron, un petit animal comme moi ne remplirait qu'un tout petit coin de votre estomac! Vous gagneriez davantage à me faire travailler pour votre compte.
- Ce que vous dites est fort juste, reprit le Diable... Faite-moi donc trois planches d'eau... Si à mon retour ce n'est pas fait, alors je vous mangerai et ce sera sans appel...
Et il s'en alla... Lapin réfléchissait et pensait que c'était impossible à réaliser. Il ne voyait pas comment échapper à la mort et pensait à sa femme et à ses enfants.

Il était donc là, bien abattu, quand Commère la Criquette vint à passer:

- Alors, Compère Lapin, comme vous voilà triste... Avez-vous perdu quelqu'un des vôtres?
- Oh que non, dit Lapin, j'ai que le Grand Diable exige de moi, sous peine de mort, que je lui fasse trois planches d'eau.
- Trois planches d'eau, dites-vous ?... Et vous voilà anéanti à cette pensée! Mais, mon cher, vous êtes un sot..!
- Moi, un sot ?... répliqua Lapin, comment l'entendez-vous ma commère ?...Ce n'est pas vous qui risquez d'être mangée.
- Eh compère, quand le Grand Diable viendra réclamer les planches d'eau, vous n'aurez qu'à lui dire qu'elles sont prêtes, mais qu'il vous faut pour les lui porter une torche de fumée.

Commère Criquette s'en alla, laissant Lapin bouche bée.
Quand le Grand Diable arriva pour réclamer les planches d'eau, Lapin lui fit la réponse suggérée par son amie.
Le Grand Diable fit appel à tous ses amis diables et diablotins pour lui faire de la fumée, mais personne ne put réaliser la torche de fumée. Alors, il demanda à Lapin:
- Comment peut-on faire une torche de fumée?

Lapin lui répondit:
- De la même manière qu'on peut réaliser les planches d'eau.
Le Diable resta planté à la même place, perplexe, et Lapin put s'en aller retrouver sa femme et ses enfants.


.







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Message par Rose le Ven 8 Mar - 21:58

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Message par Reïna le Sam 9 Mar - 9:47

La vigne de Noé
Lorsque Noé, après le déluge, planta la vigne, Satan poussa des cris de joie.
"Cette plante-là, dit-il, est à moi. Certes, elle sera le meilleur des pourvoyeurs de mon royaume. Le tout est de trouver le bon engrais pour obtenir beaucoup de fruits."
Il s'approcha de Noé, occupé aux travaux de sa plantation.
Que fais-tu là ? lui dit-il
Tu le vois répondit Noé, je plante de la vigne.
Et pourquoi ?
C'est que le fruit de cet arbuste sera précieux. Il réjouira le coeur de l'homme.
S'il en est ainsi, dit Satan, occupons-nous ensemble à trouver un engrais convenable.
Satan alors apporta successivement une brebis, un lion, un tigre, un porc et enfin un singe. Il sacrifia tour à tour ces animaux, de façon que leur sang, pénétrant dans le sol et de là dans le suc de la vigne, se mêlât dans le raisin. L'astucieux Satan savait bien ce qu'il faisait.
Aujourd'hui encore les caractères des animaux qu'il a choisis se montrent dans les effets du vin. S'il boit un peu de vin, l'homme est doux comme la brebis. Boit-il une dose un peu plus forte, il devient courageux comme un lion. Quand il dépasse la juste mesure, le voilà féroce comme le tigre. Enfin s'il s'abandonne à la passion de boire, il ressemble au porc qui se vautre dans la fange et il devient aussi abject qu'un singe grimaçant.
D'après les Contes et légendes d'Israël de A. Weil. Ed. Nathan

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Message par Mimy le Sam 9 Mar - 11:15

La jalousie.

Dieu envoyait st.Pierre inspecter la terre. Donc ce bon vieux Pierre, passa par un village et là, il fut reçu par une femme aigri, qui détestait sa voisine à un point, que ça l'empêchait vivre.

Pierre sort son portable et racconte tout ça au grand patron. Razz

On regardant par son webcam, il constatait que peut-être se sont les manques de la malheureuse qui l'empêche de jouir de la vie.

Alors il donna ses directives à Pierre qui transmetta à la bonne femme le pacte que Dieu voudrait passer avec elle.

Pierre lui dit donc, que Dieu est prêt à lui accorder tout ce que'elle désire, mais qu'il offrirait à sa voisine le double de sa demande.

La malheureuse réfléchi un instant et se dit..
Si je demande beaucoup d'argent, bah, ma voisine serait encore plus riche, si je demande de l'amour, elle serait encore plus aimée..

Sa réflexion fait, elle dit à Pierre, je veux que Dieu me donne un oeil de verre, ainsi ma voisine en aurait deux...

Ah, cette jalousie qui empêche vivre...même tout l'or du monde ne peut rassasier cette maladie..

Bon, je viens d'insérer le portable et le webcam..mais on dit que Dieu parle par les moyens du bord.. lol!
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Message par Reïna le Dim 10 Mar - 11:34

Le retour des fleurs

Conte australien

Comme il ne pouvait plus supporter les hommes et leur méchanceté, le plus puissant de tous les sorciers avait décidé de quitter son pays et de se réfugier tout au sommet de la plus haute des hautes montagnes. Aussitôt dit, aussitôt fait... Il s’en alla.

Un grand malheur s’abattit sur la nature ; toutes les fleurs, celles des bois, celles des prairies, celles des collines, celles des bords de mer, celles du long des rivières et celles de lacs moururent instantanément. Il n’y en eu pas une seule qui survécut. Le pays, jadis si beau et si fleuri devint rapidement un désert. Tous les animaux, les oiseaux, les papillons, les insectes s’enfuirent après la mort des fleurs. Pour voir les fleurs, les habitants ne pouvaient user que de leur imagination. Mais les enfants, qui n’avaient jamais connu ces merveilles, ne voulaient pas croire les anciens.

- Vous ne racontez que des histoires, leur disaient-ils et ils s’en allaient tristes dans le décor triste d’un pays sans fleurs.
Parmi tous ces enfants, il en était un qui ne pouvait imaginer que tout eut disparu pour toujours. Lorsque sa mère, lassée de raconter l’ancien temps, se taisait, il réclamait encore et encore d’autres histoires car il aimait entendre parler de la beauté des fleurs.
Il pensait que lorsqu’il serait un homme, il partirait à la recherche du grand sorcier et lui demanderait de redonner de la couleur au pays.

Les années passèrent.

Un jour, il fut grand. Son amour des fleurs avait grandi avec lui. Il s’en alla donc trouver sa mère et lui dit :
- Mère, je vais m’en aller à la recherche du grand sorcier et lui demander de nous rendre les fleurs.
Sa mère le regarda avec des yeux remplis d’effroi.
- Mais fils ! s'écria-t-elle, tout ce que je t'ai raconté n'était que des histoires. Il ne faut jamais croire aux histoires. Je te disais ce que ma mère me racontait parce qu'elle l’avait entendu raconter par sa mère qui le tenait de sa mère. Malheur à toi ! Les fleurs n'ont probablement jamais existé. Tu aurais beau marcher mille ans, jamais tu ne trouverais le sorcier qui vit tout en haut de la plus haute montagne.
Mais le fils ne l’écouta même pas, il prit son baluchon et s’en alla. Les gens du pays qui le voyaient passer se moquaient de lui :
- Ce garçon est fou ! disaient-ils. Il n’y a que les fous qui croient aux histoires.

Le jeune homme se dirigea vers le nord. Il marcha longtemps, longtemps, longtemps et arriva au pied d'une montagne, si haute, si haute que son sommet était invisible.
Il tourna autour de la montagne, mais ne vit aucun sentier, seulement de la roche et des cailloux. Il tourna encore et encore. Las de tourner, il se dit :
- « Il faudra bien que je découvre un chemin. Le sorcier a dû le prendre pour atteindre le sommet. »
Il inspecta avec attention les rochers et finit par découvrir une petite marche. En regardant de plus près, il aperçut une autre petite marche et puis encore une autre. Lorsqu’il leva les yeux vers le sommet de la montagne, il aperçut un escalier et il se mit à grimper sans jamais regarder en bas pour ne pas avoir le vertige.

A la fin du premier jour, il s’arrêta sur une terrasse. Le sommet de la montagne n'était pas visible. Il en fit de même le deuxième, puis le troisième, puis le quatrième puis le cinquième puis le sixième jour. Il commençait à se décourager quand, au soir du septième jour, il aperçut enfin le sommet. A force de courage et malgré la fatigue accumulée depuis 7 jours, il parvient à l’atteindre juste au moment où le soleil avait complètement disparu et que la nuit avait recouvert le monstre de pierre. Arrivé tout en haut, il aperçut une source. Il se pencha pour y boire un peu d'eau. Au premier contact de l’eau sur ses lèvres, toute sa fatigue s’évapora. Il se sentit fort et heureux comme jamais dans sa vie. Tout à coup, derrière lui, il entendit une voix qui lui demanda ce qu'il était venu chercher sur la plus haute des hautes montagnes.
- Je suis venu, dit-il, pour rencontrer le grand sorcier et lui demander de nous rendre des fleurs et des insectes. Un pays sans fleurs, sans oiseaux et sans abeilles, est triste à mourir. Seule le beauté peut rendre les gens bons et je suis certain que les gens de mon pays cesseraient d'être méchants, si le sorcier leur redonnait les fleurs.

Alors, le jeune homme se sentit soulevé par des mains invisibles. Il fut transporté délicatement vers le pays des fleurs éternelles. Les mains invisibles le déposèrent sur le sol au milieu d'un tapis de fleurs multicolores. Le jeune homme ne pouvait en croire ses yeux. Il y en avait tant et jamais il n'avait imaginé que les fleurs puissent être aussi belles ! Dans l’air, un délicieux parfum flottait et les rayons du soleil dansaient sur le sol multicolore comme des milliers et des milliers d'arcs-­en-ciel. La joie du jeune homme fut si grande, qu'il se mit à pleurer.
La voix lui dit de cueillir les fleurs qu'il préférait. Il s’exécuta et en cueillit de toutes les couleurs. Quand il en eut plein les chargés, les mains invisibles le reconduisirent doucement au sommet de la montagne.
Alors, la voix lui dit :
- Rapporte ces fleurs dans ton pays. Désor­mais, grâce à ta foi et à ton courage, ton pays ne sera plus jamais sans fleurs. Il y en aura pour toutes les régions. Les vents du nord, de l'est, du sud et de l'ouest leur apporteront la pluie qui sera leur nourriture, et les abeilles vous donneront le miel qu'elles cherchent dans les fleurs.

Le jeune homme remercia et commença aussitôt la descente de la montagne qui, malgré la quantité de fleurs qu'il portait, lui parut bien plus facile que la montée.

Quand il revint dans son pays, les habitants, en apercevant les fleurs et en respirant leur parfum, ne voulurent pas croire à leur bonheur. Puis, quand ils surent qu'ils ne rêvaient pas, ils dirent :
- Ah ! nous savions bien que les fleurs existaient et que ce n'étaient pas des histoires inventées par nos ancêtres.

Et leur pays redevint un grand jardin. Sur les col­lines, dans les vallées, près des rivières, des lacs et de la mer, dans les bois, dans les champs et dans toutes les prairies, les fleurs crûrent et se multiplièrent. Tantôt c'était le vent du nord qui amenait la pluie, tantôt le vent du sud, de l'est ou de l'ouest. Les oiseaux revinrent, ainsi que les papillons et tous les insectes, et surtout les abeilles. Désormais, les gens purent man­ger du miel, et la joie revint sur la terre.

Quand les hommes virent leur terre transformée grâce au jeune homme qui avait osé ce que personne n'avait cru possible, ils lui demandèrent d'être leur roi. II accepta et il devint un roi bon, courageux et intelligent.
-Rappelons-nous, disait-il, que c'était la méchanceté des hommes qui avait entraîné la disparition des fleurs de notre pays.

Et, comme personne ne voulait recommencer à habiter un désert et à être privé de miel, chacun s'efforça désormais d'être aussi bon que possible pour ne pas fâcher le grand sorcier.


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Message par Kouen le Ven 15 Mar - 16:38

Les Deux Loups
Un soir, un vieil indien Cherokee raconte
à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure
qui existe chez les gens et lui dit :
Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.
L’un est le Mal : C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’égo.
L’autre est le Bien : C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »
Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :
Lequel des deux loups gagne ?
Le vieux Cherokee répondit simplement :
Celui que tu nourris .

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Message par eole le Ven 22 Mar - 13:06

.

Ce sont les choses que nous pensons savoir, qui nous empèchent d’apprendre ce que nous devrions savoir.


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Message par Reïna le Sam 6 Avr - 19:35

COMPERE LAPIN ET LE GRAND DIABLE

(Extrait de "Contes créoles" de Marie-Thérèse Lung-Fou)




David Kurt
Les enfants et la femme de Lapin mouraient de faim, car celui-ci n'avait rien à leur donner pour se mettre sous la dent Il se décida à aller leur chercher un peu de liane douce, mais par manque d'attention il pénétra sur les terres du Grand Diable. Dès qu'il s'en rendit compte, ce dernier se précipita et brutalement lui demanda:

- Que faites-vous ici ?
- Je prends quelques branches pour nourrir ma famille !
-Vous ne savez donc pas que vous êtes sur mes terres ? et que je vais vous manger ?

Lapin répliqua:

- Mais Patron, un petit animal comme moi ne remplirait qu'un tout petit coin de votre estomac! Vous gagneriez davantage à me faire travailler pour votre compte.
- Ce que vous dites est fort juste, reprit le Diable... Faite-moi donc trois planches d'eau... Si à mon retour ce n'est pas fait, alors je vous mangerai et ce sera sans appel...
Et il s'en alla... Lapin réfléchissait et pensait que c'était impossible à réaliser. Il ne voyait pas comment échapper à la mort et pensait à sa femme et à ses enfants.

Il était donc là, bien abattu, quand Commère la Criquette vint à passer:

- Alors, Compère Lapin, comme vous voilà triste... Avez-vous perdu quelqu'un des vôtres?
- Oh que non, dit Lapin, j'ai que le Grand Diable exige de moi, sous peine de mort, que je lui fasse trois planches d'eau.
- Trois planches d'eau, dites-vous ?... Et vous voilà anéanti à cette pensée! Mais, mon cher, vous êtes un sot..!
- Moi, un sot ?... répliqua Lapin, comment l'entendez-vous ma commère ?...Ce n'est pas vous qui risquez d'être mangée.
- Eh compère, quand le Grand Diable viendra réclamer les planches d'eau, vous n'aurez qu'à lui dire qu'elles sont prêtes, mais qu'il vous faut pour les lui porter une torche de fumée.

Commère Criquette s'en alla, laissant Lapin bouche bée.
Quand le Grand Diable arriva pour réclamer les planches d'eau, Lapin lui fit la réponse suggérée par son amie.
Le Grand Diable fit appel à tous ses amis diables et diablotins pour lui faire de la fumée, mais personne ne put réaliser la torche de fumée. Alors, il demanda à Lapin:
- Comment peut-on faire une torche de fumée?

Lapin lui répondit:
- De la même manière qu'on peut réaliser les planches d'eau.
Le Diable resta planté à la même place, perplexe, et Lapin put s'en aller retrouver sa femme et ses enfants.


.








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Histoires, contes de sagesse, proverbes, textes à caractère spirituel - Page 4 Empty Re: Histoires, contes de sagesse, proverbes, textes à caractère spirituel

Message par Oni le Lun 8 Avr - 0:12

En ce temps-là vivait dans la campagne, aux environs d’Edo (aujourd’hui Tokyo), un vieux moine d’une grande sagesse : celui-ci était connu jusqu’aux plus lointaines provinces de l’Empire du soleil levant pour sa grande piété, et sa constante bonne humeur, Toshibu souriait à tous et à tout. Il acceptait les aléas de l’existence avec une parfaite équanimité. Un jour, l’un de ses disciples les plus assidus osa l’interroger :
« Maître, qu’est-ce qui vous rend le cœur si gai que rien ne semble vous atteindre, ni le froid, ni le chaud, ni la soif, ni la faim, et pas même la méchanceté des hommes ?
- Je vais te confier mon secret, dit Toshibu. Chaque fois que tinte la petite cloche d’agent que tu vois suspendue à ma porte, je me retiens de danser tant mon plaisir est vif et ma joie est grande... »

Or, ce disciple, malgré ses démonstrations de piété, avait le cœur mauvais. Il était envieux et jaloux du bonheur d’autrui. Il décida de voler la petite cloche d’argent afin de connaître à son tour la joie perpétuelle. Une nuit, il s’empara de la cloche de maître Toshibu, il la dissimula sous son manteau, et courut jusqu’à sa demeure. Dès le lendemain, il la suspendit à la porte d’entrée et s’apprêta à goûter un bonheur ineffable. Il attendit. En vain. La petite cloche tintinnabulait dix fois par jour sous l’effet du vent, ou lorsqu’un visiteur pénétrait dans sa maison. RIEN. Rien ne se produisait, et le disciple ne sentait aucune joie. Ce tintement qu’il guettait sans cesse finissait même par l’excéder. Il croyait l’entendre la nuit. Il en perdait le goût du manger et du boire, devenait irritable. Tant et si bien qu’il résolut de se jeter aux pieds de son maître, d’implorer son pardon et de lui rendre la petite cloche d’argent.

Un matin, il rapporta la petite cloche à Toshibu, et se répandit en larmes de repentir. Le maître remit calmement la petite cloche au-dessus de la porte d’entrée et accorda son pardon. Quand le disciple fut certain d’être rentré en grâce, il interrogea Toshibu :
« Maître, je voudrais bien comprendre pourquoi cette petite cloche, qui vous procure un tel bonheur que vous vous retenez de danser, et que rien ne trouble votre joie, fut pour moi une source de chagrin ?
- Le cyprès dans la cour », dit Toshibu.
Il faisait ainsi allusion à l’anecdote célèbre que connaissent tous les disciples du Zen :
« Qu’est-ce que le Zen ? Demande l’élève.
-Le « cyprès dans la cour »  répond le maître.
Le Zen est le « cyprès dans la cour », et aussi le « bâton » du mendiant, il est « l’écuelle » et « le bol de riz », ou la petite cloche d’argent. Le Zen est tout cela, et il n’est pas cela. Il est ici et là, et il n’est ni ici ni là. Le Zen est une évidence toute simple, immédiate, et il est un mystère impénétrable.

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Message par Hridaye le Mar 11 Juin - 15:46

Histoires, contes de sagesse, proverbes, textes à caractère spirituel - Page 4 53491934_2306494602940117_5272090407587545088_n.jpg?_nc_cat=100&_nc_ht=scontent-mrs2-1
Le génie menteur ou les 7 miroirs de l’âme.


Il y avait une fois un jeune prince qui trouvait les gens autour de lui méchants et égoïstes. Il en parla un jour à son précepteur qui était un homme sage et avisé et qui confia une bague au prince.
- "Cette bague est magique. Si tu la tournes trois fois sur elle-même, un génie t’apparaîtra. Toi seul le verra. Chaque fois que tu seras insatisfait des gens, appelle-le. Il te conseillera. Mais fais attention : ce génie ne dit la vérité que si on ne le croit pas. Il cherchera sans cesse à te tromper."
Un jour, le prince entra dans une violente colère contre un dignitaire de la cour qui avait agi contre ses intérêts. Il fit tourner trois fois la bague. Aussitôt, le génie apparut:
- "Donne-moi ton avis sur les agissements de cet homme, dit le prince."
- "S’il a fait quelque chose contre toi, il est indigne de te servir. Tu dois l’écarter ou le soumettre." À ce moment, le prince se souvint des paroles étranges de son précepteur.
- "Je doute que tu me dises la vérité", dit le prince.
- "Tu as raison", dit le génie, "je cherchais à te tromper. Tu peux bien sûr asservir cet homme, mais tu peux aussi profiter de ce désaccord pour apprendre à négocier, à traiter avec lui et trouver des solutions qui vous satisfassent tous deux."
Parcourant un jour la ville avec quelques compagnons, le prince vit une immense foule entourer un prédicateur populaire. Il écouta un instant le prêche de cet homme et fut profondément choqué par des paroles qui contrastaient violemment avec ses propres convictions. Il appela le génie.
- "Que dois-je faire ?"
- "Fais-le taire ou rends-le inoffensif", dit le génie. "Cet homme défend des idées subversives. Il est dangereux pour toi et pour tes sujets." Cela me paraît juste, pensa le prince. Mais il mit néanmoins en doute ce que le génie avait dit.
-"Tu as raison", dit le génie, "je mentais. Tu peux neutraliser cet homme. Mais tu peux aussi examiner ses croyances, remettre en cause tes propres certitudes et t’enrichir de vos différences."
Pour l’anniversaire du prince, le roi fit donner un grand bal où furent conviés rois, reines, princes et princesses. Le prince s’éprit d’une belle princesse qu’il ne quitta plus des yeux et qu’il invita maintes fois à danser sans jamais oser lui déclarer sa flamme. Un autre prince invita à son tour la princesse. Notre prince sentit monter en lui une jalousie profonde. Il appela alors son génie.
- "Que dois-je faire, selon toi ? "
- "C’est une crapule", répondit le génie. "Il veut te la prendre. Provoque-le en duel et tue-le. " Sachant que son génie le trompait toujours, le prince ne le crut pas.
- "Tu as raison", dit le génie, "je cherchais à te tromper. Ce n’est pas cet homme que tu ne supportes pas, ce sont les démons de tes propres peurs qui se sont éveillés quand tu as vu ce prince danser avec la princesse. Tu as peur d’être délaissé, abandonné, rejeté. Tu as peur de ne pas être à la hauteur. Ce qui se réveille en toi dans ces moments pénibles te révèle quelque chose sur toi-même. "
À l’occasion de la réunion du grand conseil du royaume, un jeune noble téméraire critiqua à plusieurs reprises le prince et lui reprocha sa façon de gérer certaines affaires du royaume. Le prince resta cloué sur place face à de telles attaques et ne sut que répondre. L’autre continua de plus belle et à nouveau le prince se tut, la rage au cœur. Il fit venir le génie et l’interrogea.
- "Ôte-lui ses titres de noblesse et dépouille-le de ses terres", répondit le génie. "Cet homme cherche à te rabaisser devant les conseillers royaux."
- "Tu as raison", dit le prince. Mais il se ravisa et se souvint que le génie mentait.
- "Dis-moi la vérité" continua le prince.
- "Je vais te la dire", rétorqua le génie, "même si cela ne te plaît pas. Ce ne sont pas les attaques de cet homme qui t’ont déplu, mais l’impuissance dans laquelle tu t’es retrouvé et ton incapacité à te défendre."
Un jour, dans une auberge, le prince vit un homme se mettre dans une colère terrible et briser tables et chaises. Il voulut punir cet homme. Mais il demanda d’abord conseil au génie.
- "Punis-le", dit le génie. "Cet homme est violent et dangereux."
- "Tu me trompes encore", dit le prince.
- "C’est vrai. Cet homme a mal agi. Mais si tu ne supportes pas sa colère, c’est avant tout parce que tu es toi-même colérique et que tu n’aimes pas te mettre dans cet état. Cet homme est ton miroir."
Une autre fois, le prince vit un marchand qui voulait fouetter un jeune garçon qui lui avait volé un fruit. Le prince avait vu filer le vrai voleur. Il arracha le fouet des mains du marchand et était sur le point de le battre lorsqu’il se ravisa.
- "Que m’arrive-t-il", dit-il au génie. "Pourquoi cette scène m’a-t-elle mis dans cet état ?"
- "Cet homme mérite le fouet pour ce qu’il a fait", répondit le génie.
- "Me dis-tu la vérité ?"
- "Non", dit le génie. "Tu as réagi si fortement parce que l’injustice subie par ce garçon t’a rappelé une injustice semblable subie autrefois. Cela a réveillé en toi une vieille blessure."
Alors le prince réfléchit à tout ce que le génie lui avait dit.
- "Si j’ai bien compris", dit-il au génie, "personne ne peut m’énerver, me blesser ou me déstabiliser.
- "Tu as bien compris", dit le génie. "Ce ne sont pas les paroles ou les actes des autres qui te dérangent ou que tu n’aimes pas, mais les vieux démons qui se réveillent en toi à cette occasion : tes peurs, tes souffrances, tes failles, tes frustrations.
Si tu jettes une mèche allumée dans une jarre d’huile, celle-ci s’enflammera. Mais si la jarre est vide ou qu’elle contient de l’eau, la mèche s’éteindra d’elle-même.
Ton agacement face aux autres est comme un feu qui s’allume en toi et qui peut te brûler, te consumer, te détruire. Mais il peut aussi t’illuminer, te forger, te façonner et faire de l’autre un allié sur le chemin de ta transformation. Toute rencontre difficile devient alors une confrontation avec toi-même, une épreuve, une initiation."
- "J’ai besoin de savoir encore une chose", dit le prince. "Qui es-tu ?"
- "Je suis, moi aussi, ton reflet dans le miroir."

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Message par Reïna le Mar 11 Juin - 16:44

Conte de l'Albanie:

Le métier de pêcheur n'est pas toujours facile et, sans un peu de chance, il arrive que ces travailleurs de la mer ne soient guère payés de leur peine. Ainsi, un brave père de famille de la côte Adriatique, proche de la pointe de Samana, avait-il bien du mal à nourrir ses cinq enfants. Jamais la pêche n'était vraiment abondante, et il arriva même un moment où il resta dix jours sans prendre le moindre poisson.
"Tout cela est très injuste, disaient les gens de son village, car il est le plus travailleur et il connaît son métier mieux que personne."
On le plaignait beaucoup, mais, comme tout le monde était pauvre, personne ne se trouvait en mesure de lui venir en aide. Ses enfants avaient faim, et sa femme qui n'était pas très solide ne pouvait que laver un peu de linge pour gagner de quoi acheter du pain.
Le brave homme eût bien fait un autre métier, mais il ne trouvait pas d'embauche. Et puis, parce qu'il aimait la mer, il espérait toujours qu'elle finirait par se montrer généreuse avec lui.
Un jour que le Roi passait par là, il entendit les enfants qui criaient famine. Il se renseigna, on lui dit combien ce pêcheur fort méritant jouait de malchance, et ce roi riche et bon décida de l'aider.
"Je veux faire quelque chose pour toi, lui dit-il, mais je tiens absolument à ce que tu restes pêcheur. Tu vas continuer ton métier et, chaque fois que tu apporteras quelque chose dans ton filet, tu viendras l'apporter sur le plateau de ma balance. Dans l'autre plateau, je mettrai le même poids en sequins d'or, et cet or sera pour toi."
De nouveau plein de courage et d'espérance, le pêcheur reprit la mer. Trois jours passèrent, trois jours et trois nuits sans une minute de repos. Trois jours et trois nuits à ramer, à lancer son filet, à le ramener sans qu'il vît l'ombre d'un poisson.
"Je suis maudit ! se lamentait-il. Nous mourrons tous de faim."
Le pêcheur épuisé rentra au port, mais avant d'amarrer sa barque, il lança son filet une dernière fois. Lorsqu'il le retira, il n'y trouva qu'une feuille de chêne déjà bien abîmée par l'eau salée. Il allait la jeter lorsqu'un camarade lui dit :
"Que risques-tu à la porter au Roi ? il n'a pas parlé de poisson, il t'a dit de lui porter tout ce que te ramènera ton filet.
- Il va croire que je me moque de lui, et peut-être même me fera-t-il jeter en prison ?
- Non, il ne le fera pas. C'est un bon roi. Et je suis tout disposé à témoigner que tu as bien pêché cette feuille."
Le pêcheur était tellement désespéré qu'il mit la feuille dans sa poche et prit le chemin du palais royal.
Lorsque le roi le vit arriver avec sa prise, il se mit à rire.
"Mon pauvre ami, fit-il, cette feuille est si légère qu'elle ne fera même pas bouger d'un cheveu le fléau de ma balance. Mais enfin, puisque tu es venu jusque-là, tentons tout de même l'expérience."
Le pêcheur posa sa feuille sur le plateau qui tomba comme si on l'eût chargé de plomb. Et le trésorier du roi commença de poser des sequins sur l'autre plateau. A haute voix, un secrétaire comptait.
"Un sequin, deux sequins, trois sequins..."
La balance ne bougeait toujours pas. Et il fallut soixante sequins pour faire monter enfin le plateau où se trouvait la feuille.
Le pêcheur s'en alla avec les pièces et le roi, qui n'en revenait pas, garda la feuille. Tous les savants du royaume furent invités au palais où ils demeurèrent longtemps à examiner cette feuille de chêne si étrange. Ils se livrèrent à toutes les analyses que la science pouvait permettre et, en fin de compte, ils furent bien obligés de reconnaître que cette feuille n'avait d'autre particularité que son poids.
Bien entendu, le pêcheur que l'on soupçonnait de magie fut interrogé, mais les enquêteurs, qui étaient des juges honnêtes, déclarèrent qu'il était beaucoup trop naïf pour être magicien.
Lui-même ne savait rien. Il ne pouvait rien savoir, car il n'avait pas assez de mémoire pour se souvenir des moindres détails de sa vie d'enfant.
C'était pourtant dans sa plus tendre enfance que dormait le secret de cette feuille. Car le pêcheur n'avait guère que trois ou quatre ans lorsqu'un laboureur, voisin de son père, avait déraciné et jeté sur le chemin un jeune chêne né en bordure de son champ. L'enfant l'avait ramassé ce tout petit arbre et l'avait planté en un endroit où personne ne cultivait le sol. Reconnaissant, le chêne, qui avait grandi en toute liberté, avait saisi cette occasion de remercier celui à qui il devait la vie.
Et sans doute parce qu'il détenait le pouvoir de conjurer le mauvais sort, il s'arrangea pour que le pêcheur ne retire plus jamais de l'eau un filet vide.






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