Les druidesses

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Message par eole le Ven 2 Nov - 10:20

En partage avec vous:

Dans la Gaule et la Celtie antique, les femmes sont admises à la fonction druidique, pour la bonne raison qu’elles sont les plus puissantes dans le domaine magique : leur matrice leur ouvre des pouvoirs et des horizons que les mâles n’atteindront jamais.

Leur statut particulier de maîtresses de magie par la voie matricielle les place dans une position qui n’a pas toujours été comprise. Au 19e siècle, Jules Michelet exprimait bien les préjugés de son époque :

« Des magiciennes et des prophétesses étaient affiliées à l’ordre des druides. Leur charge leur imposait des lois bizarres et contradictoires ; ici la prêtresse ne pouvait dévoiler l’avenir qu’à l’homme qui l’avait profanée ; là elle se vouait à une virginité perpétuelle ; ailleurs, quoique mariée, elle était astreinte à de longs célibats. Parfois elles devaient assister à des sacrifices nocturnes, toutes nues, le corps teint de noir, les cheveux en désordre, s’agitant dans des transports frénétiques.

La plupart habitaient des écueils sauvages, au milieu des tempêtes de l’archipel armoricain.

A Séna (l’île de Sein) était l’oracle célèbre des neuf vierges terribles, appelées Sènes du nom de leur île.

Pour avoir le droit de les consulter, il fallait être marin et encore avoir fait le trajet dans ce seul but. Ces vierges connaissaient l’avenir ; elles guérissaient les maux incurables ; elles prédisaient et faisaient la tempête. » (source) La description tourne au grotesque, elle s’appuie pourtant sur des faits vrais. A l’époque de Michelet on n’a pas la moindre notion du kamasutra et des techniques de la kundalini, des chakras, du processus d’éveil, de l’amour courtois, de la magia sexualis ou magie sexuelle, du rôle déterminant de la matrice et de l’énergie féminine pour guérir, charmer, éveiller le requérant.

Certains celtologues ont prétendu, bien à tort, que les druides ne se battaient point, et que pour cette raison il était avantageux de devenir druide pour échapper à la conscription.

Voilà une vision bien décadente de la Gaule et du Celtisme, où le courage a toujours été honoré comme la vertu première. Tout homme est un guerrier, toute femme peut accéder aux plus hauts degrés du sacerdoce druidique. Y compris l’art de la guerre, en quoi la druidesse est une préfiguration de Jeanne d’Arc, la vierge guerrière.

Terribles, ces vierges druidesses le sont par leur puissance. Elles savent comment calmer les vents furieux ou les lancer sur votre barque pour vous couler bas. Elles appartiennent à l’autre monde, sans que le marin sache s’il s’agit du monde de gwenwed, monde de la lumière blanche, ou du monde de l’Ankou, sinistre monde souterrain de la mort.

« Les Druidesses s’appelaient aussi Bandrui de ban dru : “femmes-fortes”, sages, d’où nos Sages-Femmes. Elles étaient nombreuses et certaines d’entre elles, grâce à leur qualité de médium, étaient spécialisées dans l’art divinatoire telle Maebd ou Maeva qui, signifiant “ivresse”, est manifestement une devineresse, une Pythonisse pour les Grecs. Elles étaient donc les ancêtres directes de celles que l’Église baptisa sorcières pour les déprécier avant de les brûler… vives et perdre ainsi pas mal de “sciences”. L’Île de Sein était le cimetière traditionnel des druidesses. »



Si le druidisme affirme l’existence de trois mondes accessibles aux humains, il honore des dieux et des déesses en très grand nombre. Mais la grande déesse Epona, dite aussi Rhiannon ou Belisama, reste en tête.

Dans la mythologie celtique irlandaise, Belisama devient la Morrigan, nom dans lequel il est aisé de reconnaître Morgane la fée bretonne et vendéenne.

« Morrigan (Morrigane ou Morrigu) signifie « Grande Reine ». Héritière de la figure de l’Aurore indo-européenne, c’est une divinité complexe qui est à la fois la rivale et l’auxiliaire du héros par excellence Cúchulainn. Déesse dite guerrière, elle n’est pas essentiellement une combattante, mais procède à la qualification des héros. Détentrice des savoirs, elle est notamment sous la forme Bodb (la Corneille) l’annonciatrice des destins. »


http://eden-saga.com/histoire-gaule-religion-croyances-des-druidesses.html
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Message par Kolam le Ven 2 Nov - 12:08


Merci Eole  sunny




Des druidesses célèbres

La mythologie compte beaucoup de Druidesses: Aoife, Birog, Bodmall, Fionn, Fidelma…
Le rôle de ces magiciennes est l’initiation guerrière et sexuelle des héros. Le grand Druide Gàine, qui se trouvait en réalité être une femme, est à ce titre exemplaire, car il confirme la place importante des femmes Druidesses dans la société celte et le pouvoir dont elle jouissait sur le peuple.

Velléda fut une Druidesse-prophétesse de la tribu des Bructères (tribu d’origine teutonique) qui vécue à l’époque de l’empereur Vespasien (69-79 après J.C). Elle dominait un vaste territoire et était l’objet d’une profonde vénération. Son rôle oraculaire était si important que son influence s’étendait jusqu’à la sphère politique.

Tacite disait encore "qu’il était interdit a quiconque d’approcher Velleda ou de s’adresser à elle, comme pour souligner la vénération qui lui était due. Elle restait emmurée dans une haute tour, d’où un membre de sa famille tachait de transmettre les questions et les réponses, comme s’il s‘agissait d’une méditation entre une Déesse et une adoratrice. Beaucoup l’on tenue longtemps pour une divinité. (...)"

Dans la mythologie celtique irlandaise, Tlachtga est une druidesse (bandrui, ce qui signifie "femme-druide"), réputée pour la puissance de sa magie.
Scathach Uanaind est une magicienne puissante et redoutable qui demeure en Écosse, certains textes évoquent l’île de Skye. Selon le récit Le meurtre du fils unique d’Aifé, Scathach est aussi la sœur d’Aífé (fille d’Ardgeimm). Elle-même initiatrice des plus valeureux guerriers, experte en magie, dans l’art de la guerre et du sexe, elle commande une bande de femmes qui éduquent les héros.
Aífe est à la fois une magicienne (druidesse) et une guerrière qui réside en Écosse. Elle est en guerre avec Scáthach pour le commandement d’une armée de femmes. Le héros Cúchulainn la vainc lors d’un affrontement et lui demande de respecter trois vœux: faire la paix avec sa rivale, accepter la suprématie de Scáthach et lui accorder "l’amitié de sa hanche", ce qui donnera naissance à un fils, Conla (ou Conlaech).

Et pour finir, une description de Fidelma dans le Tain, la saga Irlandaise:
"Elle avait les cheveux blonds. Elle était enveloppée dans un manteau aux couleurs bigarrées fermé par une broche en or, et portait une tunique rouge couverte de broderies et dotée d’une capuche, ainsi que des sandales aux fermoirs dorés.
Son front était large, son menton fin, la courbe de ses sourcils était noire et elle avait des cils noirs délicats qui jetaient une ombre sur son visage jusqu’au milieu de ses joues. Si tu l’avais vue, tu aurais cru que ses lèvres étaient rouges sang. Ses dents étaient comme une rangée de bijoux entre ses lèvres. Elle rassemblait ses cheveux en trois tresses, deux d’entre elles entouraient sa tête, tandis que la troisième descendait le long de son dos et venait caresser ses mollets. Elle tenait dans une main une baguette légère de formes entrelacées et sertie d’or. Ses yeux avaient trois iris. Des chevaux noirs trainaient son char, et elle même était armée."


https://matricien.org/mytho-celte



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Message par eole le Ven 2 Nov - 13:54

Les peuplades celtiques étaient les héritières de sociétés qui n’étaient pas de type androcratique. La connaissance du droit celtique, ainsi que les légendes, nous donnent à comprendre le rôle de tout premier plan que jouait la femme dans la société pré-druidique.
Même si les Celtes historiques rêvaient leur histoire plus qu’ils ne la vivaient et si, dans la réalité quotidienne, le statut de la femme n’était pas équivalent à celui des légendes, celles-ci nous évoquent un passé plus lointain qui a précédé l’arrivée des indo-européens les légendaires Fir Bolg, les Tuatha Dé Danaan venus des Iles du Nord, et avant cela, la venue d’un certain Partholon à l’époque mésolithique lors de la fonte des glaces (-9.000 ?)
..............

Les Tuatha Dé Danaan -le peuple du dieu dont la mère est Dana­ formaient une confédération de tribus au sein desquelles la royauté se transmettait par la mère. Ils seraient venus de Grèce et auraient envahi l’Irlande à l’Age de Bronze, suivis par les Pictes (les hommes tatoués venus de Thrace) quelques deux cents ans plus tard et qui finirent par s’installer en Ecosse.

Ni l’Irlande ni l’Ecosse ne furent romanisées, et ces deux pays ainsi que le pays de Galles furent les véritables foyers du Celtisme, de sorte que « les îles britanniques servirent de dépôt et sauvèrent les patrimoines culturels et spirituels des peuples européens d’Occident » (R. Reznikov, les Celtes et le Druidisme, p.123).
..............

En 1974, Marija Gimbutas publie un premier livre titré Déesses et dieux de la vieille Europe. Dans ce premier livre, elle soutient qu’un culte de trois déesses féminines était présent dans le Sud-Est de l’Europe.

Par la suite, elle étendra son hypothèse à toute l’Europe et fusionnera les figures féminines en une seule et même déesse. Dans les années qui suivent, et jusqu’à sa mort en 1994, M. Gimbutas ne cessera de poursuivre cette piste. Le Langage de la déesse est en quelque sorte l’aboutissement et la synthèse de ses recherches sur la déesse de la préhistoire.

Professeure à UCLA, Marija Gimbutas organise ou dirige de 1967 à 1980 des fouilles archéologiques de grande importance sur les sites néolithiques dans le sud–est de l’Europe méditerranéenne, notamment à Obre (Bosnie) en 1967-68, à Photolivos (Sitagroï, en Grèce) en 1968-69, à Anza (Macédoine) en 1969-71, à Achilleion (Thessalie) en 1973-75 et à Scaloria (Italie) en 1977-80.
Elle ordonne de poursuivre les excavations bien au-delà de ce que les estimations d’alors jugeaient compatibles avec l’antiquité d’un habitat néolithique ; elle mit au jour un grand nombre d’artefacts profanes et cultuels, dont elle s’attacha toute sa carrière à comprendre l’histoire.

En conséquence, elle révèle au monde l’existence d’une civilisation pré-indo-européenne dénommée « culture préhistorique de la déesse », ayant existé à partir du Paléolithique et perduré plus de 25 000 ans. Le langage de la déesse (titre original : The language of the Goddess, 1989), The Civilization of the Goddess (1991), The Gods and Goddesses of Old Europe, 7000 to 3500 BC (1974) comptent parmi ses œuvres majeures, qui lui valent une renommée posthume mondiale.

Le langage de la déesse est également le titre d’une exposition qui lui fut consacrée en Allemagne au musée Frauen à Wiesbaden en juin 1993.

Sources: Eden saga et Wikipédia.

Les druidesses étaient les dignes héritières de ce culte universel dédiés à la Déesse-mère, 40 000 ans environ avant J.C. et avant que le patriarcat ne le supplante progressivement, notamment avec l'avènement de l'empire romain et  l'élimination systématique du druidisme par Jules César.
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Message par skambah le Ven 2 Nov - 18:35

Alors que voilà un sujet fort passionnant et j'ai mille questions à vous poser qui me brule les lèvres.

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