La résilience, c'est l’art de naviguer dans les torrents - Boris Cyrulnik

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Message par Erell le Ven 9 Nov - 20:15

Rappel du premier message :

“La résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents.” Boris Cyrulnik

Arpège a écrit: (...) Boris Cyrulnik précise que les enfants qui ont grandi dans un environnement sécure ont plus de capacités de résilience que ceux qui ont vécu dans un environnement insécure.
Hello tout le monde  sunny

Avec l'accord d'Arpège que je remercie  I love you, j'ouvre ce sujet sur "LA RESILIENCE". Suite à un échange sur le topic "Qu'est-ce que l'ego ?", j'ai trouvé cette phrase abordant Boris Cyrulnik et la résilience très intéressante et donnant matière à partager par un nouveau fil de discussion...

Like a Star @ heaven

La résilience est la capacité à rebondir après des événements douloureux et à surmonter les épreuves de la vie. C'est un processus entre des caractéristiques individuelles et l’environnement dans lequel l’individu évolue. On peut voir le concept de résilience comme une balance entre les expériences positives et les expériences négatives avec les gênes en guise de pivot. Les gênes peuvent rendre plus ou moins vulnérables au stress, et le pivot peut donc être déplacé à gauche ou à droite selon les personnes.

La résilience concerne tous les âges de la vie, et des recherches récentes menées en Suède et en Belgique, mettent en évidence que le niveau de résilience augmente avec l'âge.

Chez les enfants, les expériences positives ou négatives peuvent recouvrir plusieurs formes :
- une relation bienveillante avec un adulte, la sécurité affective et financière, une bonne santé
- la pauvreté, l’exposition à la violence, un faible niveau d’éducation…

Le cumul d’expériences de même nature va faire pencher la balance à droite ou à gauche. Les expériences de nature opposée vont en contre balancer les effets.

Quand les expériences positives s’accumulent et que les enfants apprennent des compétences de résilience telles que la régulation du stress, la résolution de problèmes, la gestion des émotions ou encore la capacité à prévoir et à anticiper, le pivot bouge et la capacité de résilience croit.

Des études scientifiques mettent l’accent sur un facteur clé de résilience : chaque enfant qui a réussi à rebondir après un malheur a connu au moins une relation stable et engagée avec un adulte encourageant et bienveillant, et le pouvoir de cette relation forte entre un enfant et un adulte est un élément indispensable dans la résilience.
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Dernière édition par Erell le Ven 9 Nov - 22:22, édité 1 fois

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Message par skambah le Sam 10 Nov - 22:42

Alors se résilier c'est se faire emporter par le courant sans y apporter de résistance.

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Message par Cogitop le Sam 10 Nov - 22:59

@skambah a écrit:Alors se résilier c'est se faire emporter par le courant sans y apporter de résistance.
C’est utiliser la force du courant en y apportant sa note à soi, pour éviter les rochers et choisir sa direction +++

Un bouquin qui m’a passionné et qui explique bien comment utiliser les éléments du courant c’est « médecin du raid » de Matthieu Langlois où il explique comment il a «survécu» au bataclan en intervention périlleuse. (Vivre en état d’urgence +++)

Il sait se dissocier du réel en trouvant des solutions immediates dans son vécu antérieur, encore et encore...

Plus il tombe dans le torrent et plus le commando Marine sait s’en sortir...

Ceux qui font/ont fait du SAMU ont tous leur stratégie perso pour surmonter les traumas.

Survivre et continuer à mieux vivre...

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Message par Sod le Dim 11 Nov - 7:01

Il n'est pas nécessaire de guérir d'un cancer pour devenir le médecin qui soignera le cancer du prochain, afin de faciliter son auto guérison. Par contre avec les choses de l'âme, c'est a dire les maladies du monde intérieur, c'est avéré qu'il faut d'abord guérir soi-même avant de pouvoir donner de l'élan aux autres. Du moins c'est avéré chez tous les thérapeutes qui me semblent sérieux.
Voilà ce qui me semble caractéristique de la résilience :

1 - Tomber malade.
2 - Guérir.

3 --> Acquisition de la capacité de donner de l'élan au prochain.

... Ce qui est impossible sans le 1 et le 2.
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Message par Miwae le Dim 11 Nov - 13:24

Voilà le passage d'un entretien avec Boris Cyrulnik, je n'ai mis qu'un passage parce que c'est sur plusieurs pages :

"Quand un enfant est privé de sécurité, il interprète toute information comme une alerte. Il a peur de tout. Une information qu'un bébé sécurisé trouvera amusante et ira explorer provoquera chez l'enfant insécurisé une hyper-sécrétion de cortisol plasmatique.
Un flash de cortisol a un effet euphorisant qui vous donne la sensation de vivre. Par contre, une sécrétion chronique de la même hormone fait que vous avez peur de tout et cela finit par détruire vos cellules, en provoquant un oedème des cellules rhinencéphaliques.

Cette constatation a été le point de départ de nombreuses recherches sur la résilience neuronale.
Des chercheurs comme Hervé Alain, qui enseignait la neuroradiologie à Caen, ont montré, images à l'appui, cette chose absolument fantastique :
Après une année passée dans une famille d'accueil, sous l'effet d'une vie normale, où on leur parlait, les touchait, leur témoignait de l'affection, les orphelins voyaient leur cerveau se modifier. L'atrophie cérébrale avait disparu."

Je trouve que ça rejoint le sujet du topic dans le sens où, il est possible d'aider un enfant qui aurait pris un mauvais départ, ça n'est pas irreversible.
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Message par Invité le Lun 12 Nov - 9:54

la forçe de vie qui est dans les enfants privé d'amours ou de soin, est parfois beaucoup plus grande qu'un enfant choyé et élevé dans un cocon et de sur protection, peu apte a s'en sortir dans la vie parfois et lent dans la maturité.
on connait l'éffet T anguy , trés répandu dans certains pays, de ces adultes qui n'ont pas grandi et qui n'ont pas envie d'affronter le monde dans sa réalité.

ce serait une erreur de dire:" l'enfant privé d'amour ne peut pas aimer". c'est presque une thèse en psycho ou socio qui donne d'avance des résultats purement scientifique:ça rappelle un peu l'ADN du délinquant! Rolling Eyes
on connait de grande résilience chez des personnes très fragilisées par la vie.
il n'y a pas de règles ou de loi en matière de combativité, et de force d'amour, ou d'auto guérison.
d'ailleurs un chercheur français, chimiste biologiste, dit que nous sommes des cellules, et que la capacité de régénération est propre a chaque individu, ce qui rend d'ailleurs la vie totalement injuste.( en matière de maladie)  
les orphelins ne sont pas  tous des arriérés au cerveau atrophiés: finalement je trouve ça affreux de parler comme ça.

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Message par Totem le Lun 12 Nov - 11:28

Nikita a écrit:la forçe de vie qui est dans les enfants privé d'amours ou de soin, est parfois beaucoup plus grande qu'un enfant choyé et élevé dans un cocon et de sur protection, peu apte a s'en sortir dans la vie parfois et lent dans la maturité.
on connait l'éffet T anguy , trés répandu dans certains pays, de ces adultes qui n'ont pas grandi et qui n'ont pas envie d'affronter le monde dans sa réalité.

ce serait une erreur de dire:" l'enfant privé d'amour ne peut pas aimer". c'est presque une thèse en psycho ou socio qui donne d'avance des résultats purement scientifique:ça rappelle un peu l'ADN du délinquant! Rolling Eyes
on connait de grande résilience chez des personnes très fragilisées par la vie.
il n'y a pas de règles ou de loi en matière de combativité, et de force d'amour, ou d'auto guérison.
d'ailleurs un chercheur français, chimiste biologiste, dit que nous sommes des cellules, et que la capacité de régénération est propre a chaque individu, ce qui rend d'ailleurs la vie totalement injuste.( en matière de maladie)  
les orphelins ne sont pas  tous des arriérés au cerveau atrophiés: finalement je trouve ça affreux de parler comme ça.


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Message par coquillage le Lun 12 Nov - 12:48

.
Je rejoins également les propos de Nikita Smile
L'ensemble est intelligent, pertinent, existant.
Il s'avère souvent subjectif de "codifier" les comportements...
.

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Message par skambah le Lun 12 Nov - 13:14

Mais la force de vie ne veut rien dire pour les enfants privés d'amour. Dés lors que l'on prend conscience de son existence alors cela est la preuve formelle que nous existons déjà et cela pour moi est un non sens. L'exemple d'un tanguy n'est pas non plus une compréhension de ce sujet car tanguy est un enfant surprotégé alors il n'a pas conscience des difficultés du monde tellement il est étouffé, dorloté voir biberonné par des parents inconscients. Le thème est la résilience à s'accepter tel que l'on est sans partir vers des cas particuliers ou la résilience n'a plus de sens.

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Message par Invité le Lun 12 Nov - 15:35

j'avais juste réagit a un message posté plus haut sur le cas particulier des orphelins par un théseux qui semble avoir étudié les enfants des orphelinats de Roumanie dans l’Ère de Ceaucescu..
du coup ça m'a fait l'impression d'un relent de dictature que de prédéfinir une catégorie de personnes comme dans l'incapacité de guérir établi par je ne sais quel statistique ou études moléculaire, neurologiques..
voila.. mais tu as raison Skambah, c'est l'acceptation qui fait la résilience.
et qui permet d'avancer sur ce que l'on est ou pas.. tout milieu sociaux confondus.

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Message par Miwae le Lun 12 Nov - 15:43

Nikita a écrit:j'avais juste réagit a un message posté plus haut sur le cas particulier des orphelins par un théseux qui semble avoir étudié les enfants des orphelinats de Roumanie dans l’Ère de Ceaucescu..
du coup ça m'a fait l'impression d'un relent de dictature que de prédéfinir une catégorie de personnes comme dans l'incapacité de guérir établi par je ne sais quel statistique ou études moléculaire, neurologiques..
voila.. mais tu as raison Skambah, c'est l'acceptation qui fait la résilience.
et qui permet d'avancer sur ce que l'on est ou pas.. tout milieu sociaux confondus.

Je suppose que tu parles de l'extrait que j'ai posté.
Je ne vois pas en quoi c'est mal d'établir que physiquement, chimiquement, on peut constater une différence dans le cerveau d'enfants entre un avant (manque d'amour) et un après où ils ont eu la chance de retrouver de la tendresse, de l'attention etc ...
Ils ne disent pas des orphelins sont incapables de guérir, c'est l'inverse justement, il explique qu'un retour en arrière est possible grâce à l'amour quand il y a eu manque de ce dernier.
J'ai pris un extrait de tout un livre, ils ne les catégorisent pas, ils étudient tous les milieux Wink
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Message par Invité le Lun 12 Nov - 15:49

peut etre justement que c'est parce que tu a mis un extrait sorti d'un contexte? qui fait qu'on peut l'interpréter de façons différentes.

mais tu comprend que c'est un peu dangereux que de catégoriser des personnes par leur milieu social pour en faire des attardés mentaux? (orphelins ou autres)
ça ne te rappelle rien?
que fais tu des orphelins qui n'ont jamais trouvé de familles d’accueil? il y a beaucoup d'adultes dans ce cas , et ils ne sont pas plus attardé que d'autres, parfois même au contraire.


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Message par Invité le Lun 12 Nov - 15:55

"Après une année passée dans une famille d'accueil, sous l'effet d'une vie normale, où on leur parlait, les touchait, leur témoignait de l'affection, les orphelins voyaient leur cerveau se modifier. L'atrophie cérébrale avait disparu."

voici la phrase qui m'a fait réagir.
mais je n'ai pas dit : c'est mal  j'ai dit " c'est dangereux" dans le sens effrayant. ..c'est juste mon avis tu n'a pas a te justifier de ton message, c'est un échange simplement d'avis qui diffèrent. relax. Smile

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Message par Loryan le Lun 12 Nov - 16:16

Je ne suis pas certains que la réponse se situe simplement dans le fait binaire d'être orphelin ou non, d'avoir des expériences traumatisantes ou non.
Il y a des orphelin qui échouent, d'autres qui réussissent et inversement il y a des gens né dans la soie qui réussissent, et d'autres qui échouent.

Une grande partie de notre soi-disant "inné" est en fait acquis de l'expérience collective sans être passé par l'expérience personnelle. Mais ce qui peut faire la différence c'est le fait d'avoir franchi une épreuve ou non.
Même si il est a peu près certains qu'une personne ayant acquis une grande combativité à franchir des épreuves soient plus à même de valoriser ses dons par la suite, il y a aussi que le regard de la société est plus intense sur les personnes qui partent de rien.
Il y a beaucoup de génies, mais nous préférons tous les "outsiders" ce qui peut expliquer leur visibilité, sans pour autant prouver ou non qu'il y en ait plus parmi les gens ayant eu une vie difficile.

Dans cette résilience nous aimons les contes de fées, peut-être parce que justement il nous montre ce formidable pouvoir en nous, que pour la plus part nous n'utilisons que trop peu.... mais heureusement me direz-vous, sinon cela signifierait que la vie n'est que galère pour tous.

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Message par Invité le Lun 12 Nov - 16:23

La vie est intimement personnelle...

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Message par Invité le Lun 12 Nov - 16:33

Les études de Boris Cyrulnik se basent sur ce que sont devenus des enfants qui ont vécu des agonies psychiques, après, j'émets de nouveau la même réserve que la résilience, capacité à rebondir, la force morale qui fait qu'on ne se laisse pas abattre, n'est guérison que si il y a acceptation, mais on est bien d'accord que chaque cas est différent (c'est d'ailleurs ce qui nous rend si semblable à mon avis Smile ) et que d'une étude ne peut en sortir qu'une tendance... et certainement pas une généralité.

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Message par skambah le Lun 12 Nov - 16:40

Mais le fait d'être orphelin est déjà une expérience traumatisante pour l'enfant et il ne pourra jamais faire "reset" afin d'expérimenter intimement une autre vie. Dans notre esprit ceint nous sommes tous différent car c'est véritablement dans la jeunesse que s'imprime pour toujours cet état d'esprit qui fera de nous un être complet ou dissocié. Le mental est mou alors on peut y poser l'index afin de le conditionner selon ses contraintes et la cloche déclenche toujours chez le sujet la bave aux lèvres disait l'autre.

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Message par Invité le Lun 12 Nov - 16:40

Miwae a fait une remarque dans les pensées du jour qui concerne aussi la résilience : la capacité à se pardonner ce que l'on croit être ses fautes...

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Message par Miwae le Lun 12 Nov - 16:47

Je comprends bien ce que vous dites, et je suis d'accord avec vous, cette étude démontre juste que l'amour peut modifier certaines choses physiquement dans le cerveau, rien de plus, après comme pour tout, l'enfant en grandissant aura des choix à faire, fera des rencontres, grandira dans un certain contexte etc

Je voulais juste souligner que de nos jours grâce aux IRM notamment, on arrive à voir et identifier une différence dans le cerveau entre l'avant/l'après, c'est un fait.
Après ils ont pris (Boris Cyrulnik est juste interviewé, ça n'est pas son étude) les orphelins en exemple mais il est évident que ça aurait pu être un enfant dans une famille lambda qui avait lui aussi manqué grandement d'amour.
En fait, à cause du mot "orphelin" j'ai l'impression que tout le message passe à la trappe, j'aurai du le remplacer par "enfant", je trouve dommage que l'on ne retienne que ça alors qu'il y a quelque chose de très positif et porteur d'espoir derrière tout ça Rolling Eyes
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Message par Totem le Lun 12 Nov - 16:50

Nikita a écrit:
voila.. mais tu as raison Skambah, c'est l'acceptation qui fait la résilience.
et qui permet d'avancer sur ce que l'on est ou pas.. tout milieu sociaux confondus.

Alice Miller dirait que c'est le "témoin secourable" qui permet d'accéder à la résilience. Wink

Spoiler:
La définition "officielle" de témoin secourable donnée par Alice Miller

Un témoin secourable est, pour moi, une personne qui prête assistance (fût-ce très épisodiquement) à un enfant maltraité, lui offre un appui, un contrepoids à la cruauté qui imprègne sa vie quotidienne. Ce rôle peut être assumé par n'importe quelle personne de son entourage : il s'agit très souvent d'un frère ou d'une sœur, mais ce peut être aussi un enseignant, une voisine, une employée de maison ou encore une grand-mère. Ce témoin est une personne qui apporte à l'enfant délaissé un peu de sympathie, voire d'amour, ne cherche pas à le manipuler sous prétexte de l'éduquer, lui fait confiance et lui communique le sentiment qu'il n'est pas « méchant » et mérite qu'on soit gentil avec lui. Grâce à ce témoin, qui ne sera même pas forcément conscient de son rôle crucial et salvateur, l'enfant apprend qu'il existe en ce monde quelque chose comme de l'amour. Si les circonstances se montrent favorables, il arrivera à faire confiance à autrui, à préserver sa capacité d'aimer et de faire preuve de bonté, à sauvegarder en lui d'autres valeurs de la vie humaine. En l'absence totale de témoin secourable, l'enfant glorifie la violence et, plus tard, l'exercera souvent à son tour, de façon plus ou moins brutale et sous le même prétexte hypocrite. Fait caractéristique : on ne trouve, dans l'enfance des grands massacreurs comme Hitler, Staline ou Mao, aucun témoin secourable.
"Alice Miller - Notre corps de ment jamais" (j'ai lu ce livre et d'autre de cet auteur)

Quelques citations mettant en lumière l'importance du témoin secourable

On ne peut plus rester indifférent à l'enfant dès lors qu'on a lu et compris ces livres. On ne peut rester indifférent ni à son propre enfant ni à soi-même. Mais cet éveil de la sensibilité à la souffrance de l'enfance a des conséquences d'une grande portée : brusquement il n'est plus possible de considérer la cruauté, la perversion et le crime comme des pratiques éducatives employées pour notre bien, nous sommes forcés de prendre position et de cesser d'enjoliver les crimes.
Certains en sont déjà capables. Ils ne veulent plus contribuer à dissimuler la vérité. Ils travaillent avec des enfants maltraités, ils voient ce que l'on fait tous les jours à des enfants, ils voient que l'État, l'école et l'Église protègent le crime sans le reconnaître en tant que tel. Qui sont-ils ? Mais s'ils ont, comme nous tous, dû subir la « pédagogie noire », il faut qu'ils aient rencontré dans leur enfance au moins un être qui n'a pas été cruel à leur égard et leur a offert ainsi la possibilité de percevoir la cruauté de leurs parents. Car il faut pour cela un témoin secourable, un témoin rectificateur. Un enfant qui ne connaît rien d'autre que la cruauté, qui n'a pas bénéficié de la présence d'un pareil témoin, n'identifiera pas la cruauté pour ce qu'elle est.

Aucune information n'est-elle plus susceptible d'aider ceux qui ont été programmés dans leur enfance pour ne pas percevoir la cruauté qui leur était infligée, ni par conséquent l'abus perpétré sur l'enfant ? Je ne le crois pas. Mon espoir repose sur ma conception du témoin éclairé. Si je réussis à atteindre par mes livres quelques hommes et femmes qui ont eu la chance d'avoir dans leur enfance un témoin secourable, ne fût-ce que pendant une brève période, ils deviendront à leur tour après la lecture de mes livres des témoins éclairés, conscients, et ils se feront les avocats de l'enfant. Où qu'ils vivent, ils percevront la souffrance des enfants plus rapidement et plus profondément que les autres qui doivent la nier. Ils essaieront de dévoiler l'abus commis sur l'enfant qui est perpétré dans l'inconscience et paraît à d'autres tout naturel. Ils modifieront ainsi la conscience publique et même les partisans les plus acharnés du châtiment ne pourront pas refuser de constater que beaucoup de ce qu'ils ont considéré jusqu'alors comme bon et juste était destructeur.
"Alice Miller - La connaissance interdite"

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Message par Miwae le Lun 12 Nov - 16:51

Nikita a écrit:"Après une année passée dans une famille d'accueil, sous l'effet d'une vie normale, où on leur parlait, les touchait, leur témoignait de l'affection, les orphelins voyaient leur cerveau se modifier. L'atrophie cérébrale avait disparu."

voici la phrase qui m'a fait réagir.
mais je n'ai pas dit : c'est mal  j'ai dit " c'est dangereux" dans le sens effrayant. ..c'est juste mon avis tu n'a pas a te justifier de ton message, c'est un échange simplement d'avis qui diffèrent. relax. Smile

Oui je comprends, je l'ai relue et je vois ce que tu veux dire maintenant, c'est vrai que la phrase comme ça, fait un peu "rats de laboratoires" voir pire ...
C'est de ma faute, j'aurai dû partager un extrait plus long histoire de montrer "l''ambiance" du livre.
Ca m'apprendra à être trop flemmarde, la prochaine fois je prendrais le temps Wink

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Message par Miwae le Lun 12 Nov - 16:56

Nikita a écrit:peut etre justement que c'est parce que tu a mis un extrait sorti d'un contexte? qui fait qu'on peut l'interpréter de façons différentes.

mais tu comprend que c'est un peu dangereux que de catégoriser des personnes par leur milieu social pour en faire des attardés mentaux? (orphelins  ou autres)
ça ne te rappelle rien?
que fais tu des orphelins qui n'ont jamais trouvé de familles d’accueil? il y a beaucoup d'adultes dans ce cas , et ils ne sont pas plus attardé que d'autres, parfois même au contraire.


Oui complètement, j'ai répondu dans l'autre post, c'est de ma faute, j'aurai dû prendre le temps d'écrire un passage plus long.
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Message par skambah le Lun 12 Nov - 17:05

Encore que quand nous parlons de résilience c'est s'accepter soi même tel que l'on est malgré tout mais hélas ce terme n'est pas propre à chacun car je considère la résilience comme une acceptation de soi dans ce commun des mortels qu'est la vie pacifiste sans contrainte. Au delà de cela ce mot s’évanouit pour laisser place à un autre terme que ma raison m'empêche ici même d'écrire.

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Message par Invité le Lun 12 Nov - 17:39

Aspirant a écrit:Miwae a fait une remarque dans les pensées du jour qui concerne aussi la résilience : la capacité à se pardonner ce que l'on croit être ses fautes...

Donc résilience signifierait guérison et non pas simplement la capacité à rebondir, on est d'accord ?
La résilience serait à la fois la force mentale énoncée dans la définition, et l'acceptation, et le pardon afin de guérir.  ?!

Parce que c'est ce qui me semblait mais c'est le problème que j'avais soulevé suite à la lecture de la définition et de l'article où le déni était mentionné comme moyen de résilience, ce qui me semblait aller totalement à l'encontre du fait que la résilience était guérison.

je viens de trouver un autre article de B Cyrulnik allant cette fois-ci dans le sens contraire.
Le déni est-il un frein à la résilience ?
Boris Cyrulnik : Le déni est le mécanisme de défense le plus habituel, aussi bien pour les traumatisés que pour leur entourage. Le déni est protecteur car il permet de moins souffrir, mais il empêche d’affronter et donc d’analyser les conditions de la résilience, et peut freiner le processus.
Je compare ça à un plâtre après une fracture de la jambe : si on fait marcher une personne trop tôt après une fracture, on va l’aggraver, alors qu’avec un plâtre, on donne à l’os le temps de se remettre en place. Mais on ne peut pas passer sa vie avec un plâtre, à un moment il faut l’enlever. De la même façon, on ne peut pas passer sa vie dans le déni, à un moment il faut en parler. Mais on ne peut en parler que quand notre famille, notre entourage et notre culture ont également cessé de se protéger par le déni.


Et là, je suis d'accord, et je suis d'accord aussi avec la précision de Miwae  sur le pardon de ce qu'on croit être ses fautes.

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Message par skambah le Lun 12 Nov - 17:57

La résilience n'est pas une capacité à se pardonner mais elle et surtout une fonction nécessaire à s'accepter tel que l'on est et puis d'ailleurs on veut se pardonner de quoi quand on est jeune et que l'on hérite de la pensée de ses parents quand on à la chance d'en avoir et puis l'autre dira que l'enfant aura des choix en grandissant. Véritablement quand tout ce passe mal quel choix reste t-il à l'enfant à part faire face à cela ?

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Message par skambah le Lun 12 Nov - 20:22

Normalement dans un monde saint et subtile cette question n'a pas lieu d'être car se résigner c'est déjà ne pas être bien dans sa peau. Le monde n'est pas comme une barre chocolatée mais plutôt du côté amer dés lors que la mère n'a plus sa place. Alors l'âme ère à la recherche de rien en fin de compte puisqu'elle n'a aucune source qui lui permettrait de se consolider et d'affronter la vie. La base s’effondre quand elle est fait de sable et non pas sur le roc alors l'esprit n'a pas les bons enseignements ni les bonnes structures pour affronter le monde et ses dures réalités.

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Message par Totem le Lun 12 Nov - 20:44

Voici un avis nuancé d' Alice Miller sur la résilience dont parle Boris Cyrulnik car elle n'englobe pas uniquement la maltraitance connue mais aussi le mode éducatif donnée à l'enfant, une donnée dont il ne parle pas :

Spoiler:
La Résilience – une notion réconfortante
Thursday 01 February 2001

A l’occasion de la sortie du dernier livre de Cyrulnik, on parle beaucoup actuellement de résilience. Ce mot, remis à la mode il y a quelques années, désigne le fait qu’un bon nombre d’enfants maltraités s’en sortent bien et ne reproduisent pas sur leurs propres enfants ce qu’ils ont eux-mêmes subi.

Ce phénomène tient au fait que si un enfant maltraité a à ses côtés ou rencontré une personne qui lui témoigne affection, respect, compréhension, il peut effectivement garder, malgré ses blessures, l’essentiel de son intégrité. C’est la raison pour laquelle Alice Miller insiste beaucoup sur la présence décisive, auprès des enfants, de témoins compatissants et lucides.

Mais où le discours sur la résilience est beaucoup plus discutable c’est lorsqu’il tend à affirmer qu’il n’existe pas ou très peu de transmission intergénérationnelle de la violence et qu’il s’agirait même d’un mythe (Cf. Cyrulnik : “C’est plus difficile, bien sûr, d’avoir eu une enfance fracassée mais c’est loin de la tragédie transgénérationnelle que notre discours social récite actuellement.” (p.18) ou un article du dernier numéro des Cahiers de la réconciliation que je signalais dans un des précédents messages et qui parle, lui de “mythe intergénérationnel”).

On s’appuie, pour prouver cela, non pas sur des études rétrospectives (constater, par exemple, que des délinquants ont tous été des enfants maltraités) mais sur des études dites prospectives (suivre sur des années un groupe d’enfants maltraités pour voir ce qu’ils deviennent et s’ils reproduisent ce qu’ils ont subi). C’est dans ce second cas que l’on s’aperçoit que beaucoup d’enfants maltraités s’en sortent.

Or, il y a là deux erreurs de raisonnement.

1) Ceux qui tiennent ce discours, y compris Boris Cyrulnik, généralisent en fait à la violence éducative ce qui n’est vrai que de la maltraitance reconnue comme telle.
La violence infligée aux enfants est comme un iceberg. Sa partie émergée, c’est la maltraitance reconnue, montrée du doigt, dénoncée aux services sociaux et à la justice. Mais cette maltraitance n’est qu’une petite partie (le sommet de l’iceberg) de la violence faite aux enfants. Les neuf autres dixièmes de l’iceberg, c’est la violence éducative ordinaire qui, elle, est parfaitement admise, tolérée, voire conseillée. Et qui d’ailleurs alimente en permanence la partie émergée, sans qu’on fasse le rapport entre les deux. Des études ont prouvé que la majorité des cas de maltraitance commencent sous la forme de violence “éducative”.
Pour ce qui est de la maltraitance reconnue, il est certain que les enfants qui la subissent ont des chances de rencontrer des amis, des voisins, des assistants sociaux ou des juges qui leur font comprendre que ce qu’ils subissent est inacceptable. Ce qui fait qu’ils courent beaucoup moins de risques de le reproduire.
Mais pour ce qui est de la violence éducative, dans la mesure où elle est largement admise, un enfant frappé a peu de chances de rencontrer au bon moment, c’est-à-dire dans son enfance quelqu’un qui lui dise que ce qu’il subit est inadmissible, qu’il s’agisse, chez nous, de gifles ou de fessées, ou, en Afrique, de la bastonnade. Et dans ce cas, la transmission intergénérationnelle fonctionne à plein. Si 90% des enfants d’une génération sont frappés, 90% des enfants de la génération suivante seront aussi frappés. C’est ce qui se produit depuis des millénaires et il faut être aveugle, ou plutôt avoir été rendu aveugle, pour le nier!

2) D’autre part, il est étonnant que des scientifiques n’aient pas prêté attention au fait que quand des individus sont suivis sur des années ou des dizaines d’années dans le cadre d’études prospectives et qu’on les interroge sur leur comportement, il est évident qu’on les aide à prendre conscience de ce qui leur est arrivé et à réagir contre. C’est l’enquête elle-même qui modifie la réalité étudiée.

Il y a donc lieu de craindre que le discours optimiste sur la résilience et le succès qu’il rencontre dans les médias ne soient qu’un nouvel avatar de la tendance à justifier les parents, tendance universellement acquise sous leurs coups (cf. le syndrome de Stockholm). Une nouvelle manière, après bien d’autres, de dire, sans vérifier de près la rigueur du raisonnement “Mais non! les gifles et les fessées, ce n’est pas si terrible! La plupart des gens s’en sortent très bien! D’ailleurs, la transmission intergénérationnelle, ça n’existe pas; c’est un mythe! Et puis, les épreuves de la vie, ça rend les gens plus fort!” (Cf. Cyrulnik : “Le traumatisé est biologiquement mieux préparé au stress comme un champion entraîné à répondre aux épreuves.” (Un Merveilleux malheur, p. 179) “Le blessé a acquis désormais une manière de sentir le monde et d’y répondre. Meurtri lors de son enfance, il acquiert, comme un champion, un mode de réaction.” (id.)!).

https://www.alice-miller.com/la-resilience-une-notion-reconfortante/
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Message par skambah le Lun 12 Nov - 21:15

Oui je comprend qu'en fin de compte la résilience n'a jamais la même explication selon l'époque et les circonstances alors dans ce cas là et selon chaque vécu la résilience est différente alors elle entraine avec elle une façon différente de la comprendre et surtout de s'y soumettre. Le traumatisme serait-il toujours responsable de cet instinct de survie que l'on nomme ici résilience ? Vivre dans ce passé lointain c'est justement ne pas se résigner alors nous devons avancer car le défi de la vie est toujours devant nous.

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