Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

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Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

Message par Kolam le Lun 27 Aoû - 18:28

Rappel du premier message :


Jugement de l’autre et jugement de soi: le philosophe face aux critiques (Epictète)
Maël Goarzin



"Ne rougis pas de ce qui vient de l’opinion, de même, ne te soustrais pas à ce qui vient de la vérité."
Epictète, Sentences, XIV (6)


Nous sommes souvent confrontés, d’une manière ou d’une autre, au jugement de l’autre, que celui-ci soit juste ou non. A partir de cette sentence d’Epictète, on peut voir se dessiner une attitude ambivalente vis-à-vis des jugements que l’autre porte sur nous.
D’où cette question, à laquelle j’aimerais répondre ici d’un point de vue stoïcien: que faire du jugement que les autres portent sur nous ? Comment réagir face aux critiques et face aux louanges ? Et quel impact le jugement de l’autre peut-il avoir sur nous ?



-Le philosophe face au jugement de l’autre:

L’ataraxie est le but premier de la philosophie stoïcienne, le bonheur stoïcien étant défini, précisément, par l’absence de trouble. Or, les jugements que les autres portent sur moi sont une source constante de troubles. Que ce soit au travail, ou à la maison, en privé comme en public, un certain nombre de décisions et de propos sont susceptibles, au quotidien, de susciter la louange ou la critique de celles et ceux qui m’entourent. Si la louange ne pose généralement pas de problème particulier (au contraire !), la critique est parfois difficile à avaler, en particulier lorsqu’elle n’est pas justifiée, mais aussi lorsqu’elle l’est.
Il y a donc un travail nécessaire à effectuer sur le jugement que les autres portent sur moi, afin de ne plus être troublé, et d’appréhender ce jugement de l’autre de manière rationnelle, ce que proposent les stoïciens, et en particulier Epictète.

Tout d’abord, il est important de comprendre, pour Epictète, que le jugement de l’autre fait partie des choses qui ne dépendent pas de moi:


"Parmi les choses qui existent, les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. Dépendent de nous: jugement de valeur, impulsion à agir, désir, aversion, en un mot tout ce qui est notre affaire à nous. Ne dépendent pas de nous, le corps, nos possessions, les opinions que les autres ont de nous, les magistratures, en un mot, tout ce qui n’est pas notre affaire à nous." (Arrien, Manuel d’Epictète, 1,1)

Le jugement que les autres portent sur nous étant quelque chose qui ne dépend pas de nous, il est nécessaire de s’en détacher, pour rester libre et non esclave, comme le rappellent ces deux citations du Manuel:

"Le maître de chaque homme, c’est celui qui a pouvoir sur les choses que cet homme veut, ou bien ne veut pas, soit pour les lui procurer soit pour les lui enlever. Quiconque veut être libre ne doit ni vouloir ni refuser quoi que ce soit des choses qui dépendent des autres. Sinon, il est nécessaire qu’il soit esclave." (Arrien, Manuel d’Epictète, 14, 2)

"Si quelqu’un livrait ton corps au premier venu, tu serais indigné; mais, que tu livres ta disposition intérieure au premier venu, en sorte que, s’il t’injurie, celle-ci soit plongée dans le trouble et la confusion, tu n’éprouves pas de honte à cause de cela ?" (Arrien, Manuel d’Epictète, 28)


Parce que le jugement de l’autre ne dépend pas de nous, et parce qu’il est important, pour les stoïciens, de préserver notre liberté intérieure, il ne faut pas rechercher la louange des autres, ni leur approbation, car car cela nous rendrait esclave de leur jugement, jugement que l’on ne peut pas contrôler.

Ce qui compte, dès lors, pour le philosophe stoïcien, ce n’est pas le paraître, mais ce qu’il est vraiment. Mène-t-il une vie vertueuse ? C’est de son choix de vie que le philosophe doit se soucier, et non du regard de l’autre sur lui:


"Si un jour il t’arrive de te tourner vers l’extérieur, en voulant plaire à quelqu’un, sache que tu as abandonné la règle de vie que tu as choisie. Contente-toi donc en toute circonstance d’être philosophe, mais si tu veux en outre le paraître, c’est à toi qu’il faut le paraître et cela suffit." (Arrien, Manuel d’Epictète, 23)

"Garde-toi de l’ostentation ou de la vantardise. Révèle la mission qui t’a été confiée par Zeus, par tes actes, et, même si personne ne le remarque, qu’il te suffise d’être toi-même en bonne santé morale et heureux." (Epictète, Entretiens, III, 24, 118)

"Un homme de bien n’agit jamais pour paraître, mais pour avoir bien agi." (Epictète, Entretiens, III, 24, 50)

"De même que le soleil n’attend pas les prières et les incantations pour poindre à l’horizon, mais brille immédiatement et est salué par tous, toi non plus n’attends pas d’être acclamé, applaudi et loué pour bien agir, mais rends volontairement service et, comme lui, tu seras aimé." (Epictète, Sentences, LXXVII (67))

"Si tu veux qu’on parle bien de toi, apprends à bien parler. Et l’ayant fait, cherche à bien agir, et ainsi tu bénéficieras du fait que l’on parle bien de toi." (Epictète, Sentences, XV (7))


Ces différentes citations confirment la position d’Epictète: le philosophe doit se concentrer sur son action, tâcher de bien agir, et non chercher à plaire. Seule cette attitude lui permettra d’échapper aux troubles suscités par le jugement d’autrui.



-Le philosophe face aux critiques injustifiées:

Il semble, néanmoins, à bien lire la sentence d’Epictète citée au début de ce billet, que l’attitude du philosophe ne sera pas la même selon la véracité du jugement porté sur lui. Tel jugement vient de l’opinion, et n’est pas justifiée? Il ne faut pas en tenir compte. Tel jugement est vrai ? Il ne faut pas l’éviter, mais le prendre en compte et agir en conséquence. Ce n’est pas la personne qui juge mais la nature du jugement (de l’ordre de l’opinion, ou, au contraire, de l’ordre de la vérité) qui détermine la manière de réagir du philosophe. Qu’en est-il face aux critiques, pour commencer ?

Face aux critiques injustifiées, le philosophe stoïcien doit apprendre dans un premier temps à supporter la critique et le regard négatif de l’autre sur lui, comme le confirment ces deux passages du Manuel d’Epictète:


"Si tu veux progresser, supporte de paraître un insensé et un sot, pour ce qui est des choses extérieures." (Arrien, Manuel d’Epictète, 13)

"Si tu désires être philosophe, prépare-toi tout de suite à ce que l’on rie de toi, à ce que la foule se moque de toi, à ce que l’on dise: "Le voilà qui nous est revenu subitement philosophe !" "D’où nous a-t-il ramené ce sourcil arrogant ?"" (Arrien, Manuel d’Epictète, 22)


De même, l’homme politique, lorsqu’il agit de manière juste, ne doit pas tenir compte de la clameur de la foule, comme le rappelle Epictète dans les deux sentences suivantes:

"Comme l’oie ne craint pas les cris stridents ni le mouton les bêlements, ne t’effraye pas de la lame d’une foule insensée." (Epictète, Sentences, LXXII (64))

"De même que la foule ne doit pas t’embarrasser quand elle te demande confusément ce qui t’appartient en propre, tu ne dois pas être troublé face à une multitude qui t’embarrasse injustement." (Epictète, Sentences, LXXIII (65))


L’indifférence, on le voit, est donc la réaction appropriée, selon Epictète, face aux critiques de l’insensé, de celui qui, en se contentant de juger le paraître, ne voit pas le bien vers lequel le philosophe dirige son choix de vie.

Pour aider le progressant à ne pas être troublé par les critiques injustifiées des autres, Epictète rappelle la distinction entre la chose et le jugement qu’il porte sur cette chose. En l’occurrence, ce qui trouble le philosophe progressant, ce ne sont pas les jugements que les autres portent sur lui, mais le jugement qu’il porte sur ce jugement de l’autre:


"Souviens-toi que ce qui t’outrage, ce n’est ni celui qui t’injurie ni celui qui te frappe, mais ton jugement qui te fait penser que ces gens t’outragent. Donc quand quelqu’un t’irrite, sache que c’est ton jugement de valeur qui t’irrite." (Arrien, Manuel d’Epictète, 20)

Aucune émotion négative ne doit donc venir troubler le philosophe qui se trouve confronté aux critiques, dès lors que son action est juste et que le jugement porté sur lui est erroné. Surtout, la critique de l’autre ne doit pas l’empêcher de bien faire, ce sur quoi insiste Epictète à plusieurs reprises dans le Manuel, reconnaissant ainsi les difficultés du progressant face à la critique récurrente à son égard, et la tentation de ne pas montrer ce qui pourrait attiser la critique de l’autre:

"Quand tu fais quelque action après avoir pris la décision de la faire, ne cherche pas à éviter d’être vu en train de la faire, même si la foule devait en juger autrement." (Arrien, Manuel d’Epictète, 35)



-Le philosophe face aux critiques justifiées:

Nous avons vu quelle devait être la réaction du philosophe face aux critiques injustifiées, ce sur quoi insiste particulièrement Epictète dans ses différents textes.
Mais qu’en est-il du jugement correct de l’autre sur moi ? Comment doit réagir le philosophe ? Faut-il, comme on pourrait le penser dans un premier temps, rester indifférent, puisque l’opinion de l’autre ne dépend pas de moi ? Ou bien faut-il, au contraire, profiter de cette critique pour essayer de s’améliorer, mieux se connaître soi-même, prendre conscience de ses défauts et y remédier ?


"Si quelqu’un t’annonce qu’un tel a dit du mal de toi, ne réfute pas ce que l’on a dit, mais réponds: "C’est certainement qu’il ignorait les autres vices qui sont en moi, car autrement il n’aurait pas parlé uniquement de ceux-là."" (Arrien, Manuel d’Epictète, 33,9)

Ici, Epictète suggère non seulement de ne pas être troublé par les critiques des autres, mais de ne pas les réfuter, soit parce qu’elles sont vraies, soit parce qu’elles sont même en-deça de la vérité. Le travail sur soi que doit faire le philosophe stoïcien face au jugement correct de l’autre n’est pas précisé ici, et comme je viens de le rappeler, Epictète se concentre davantage sur les critiques injustifiées qui visent le philosophe. La citation de départ, néanmoins, suggère très fortement l’attitude du philosophe face aux jugements négatifs justifiés:

"Ne rougis pas de ce qui vient de l’opinion, de même, ne te soustrais pas à ce qui vient de la vérité." (Epictète, Sentences, XIV (6))

Si aucune honte, aucun trouble ne doit résulter d’une simple opinion, comme on l’a vu, le philosophe ne doit pas par contre se soustraire à la critique lorsque celle-ci est justifiée. Plus encore, le philosophe doit saisir cette opportunité pour mieux prendre conscience de ses vices, de ce qu’il doit réformer en lui pour devenir meilleur. Si la critique est juste, si le jugement de l’autre sur moi est vrai, je dois l’accepter, ne pas fuir ce jugement, et remettre en question mon attitude, faisant ainsi le lien entre jugement de l’autre et jugement de soi.
Ce que confirme Marc Aurèle dans les Pensées:


"Si l’on peut me convaincre et me montrer que je juge ou que j’agis à tort, je serai content de changer; car je cherche la vérité, qui ne peut être un dommage pour personne; or celui qui persiste dans son erreur ou son ignorance subit un dommage" (Marc-Aurèle, Pensées, VI, 21)



-Du jugement de l’autre au jugement de soi:

Le jugement de l’autre, lorsqu’il est justifié, doit donc conduire le philosophe à un exercice d’introspection. Du jugement de l’autre au jugement de soi, il n’y a qu’un pas, qu’Epictète n’hésite pas à franchir, en particulier lorsqu’il déconseille au philosophe progressant de juger l’autre:


"Ne prononce pas de sentence dans un autre tribunal que le tien, avant de t’être justement évalué." (Epictète, Sentences, LVIII (50))

Avant de juger qui que ce soit, il faut d’abord et avant tout se juger soi-même, et déterminer ainsi ce qui, dans notre vie, doit être réformé ou non. Devenir son propre juge: voilà ce à quoi Epictète nous invite ici.
Il s’agit de passer du jugement de l’autre au jugement de soi, de se questionner soi-même, de prendre le temps de se regarder en face et de se poser la question: qui suis-je ? Quelles sont mes qualités, mes défauts ? Et comment puis-je changer ?

Le jugement de soi par soi, s’il n’est pas une tâche aisée, pourrait paraître le meilleur moyen de se connaître soi-même, et le jugement de l’autre, en ce sens, n’être que le point de départ d’un jugement de soi plus approfondi.
Mais il n’est pas aisé de se juger soi-même en vérité, et le jugement de l’autre pourrait bien, chez les stoïciens comme dans la majorité des écoles philosophiques de l’Antiquité, être un élément essentiel, un passage obligé de la connaissance de soi.
C’est pourquoi la figure du maître, ou du directeur de conscience, est si importante, à l’image de Socrate guidant Alcibiade. Le progressant, pour Epictète, a besoin du jugement du maître, de la même manière que Lucilius a besoin des lettres de Sénèque et de son jugement sur lui pour progresser dans le mode de vie philosophique. Le jugement que l’autre, en tant que maître, porte sur moi a donc un rôle important dans mon progrès spirituel vers une vie meilleure, comme le rappelle ce fragment des Entretiens:


"Quand Agrippinus était gouverneur, il tentait de persuader ceux qu’il avait condamnés qu’il fallait qu’ils le soient. "Car", disait-il, "ce n’est pas comme un ennemi ni comme un brigand que je rends mon jugement contre eux, mais comme un curateur et un protecteur, de même que le médecin réconforte le patient qu’il opère et le persuade de se livrer de lui-même à l’opération"." (Epictète, Fragments, XXII)

On voit bien ici, avec la métaphore médicale, que le jugement de l’autre peut avoir une fonction thérapeutique, et aider le philosophe progressant à se connaître lui-même, connaître ses vices ou ses défauts, et se corriger lui-même. L’autre, dans ce cadre, peut avoir un rôle crucial dans la transformation de soi que demandent l’activité philosophique et la conversion au mode de vie philosophique.
Le jugement de l’autre, loin d’y rester indifférent, le progressant doit donc en tenir compte dès lors que celui-ci est vrai. Qu’il vienne du maître ou de la foule, le jugement de l’autre peut et doit être l’occasion, pour le progressant, de prendre conscience de ses vices et de se réformer.


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Re: Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

Message par Hridaye le Sam 8 Sep - 11:53

La spiritualité n'est pas une thérapie ou elle se fourvoie. Ou alors parlons plutôt de développement personnel.
En tout cas la voie initiatique ne l'est pas.
Reconnaitre ou conscientiser profondément que le manifesté et donc la souffrance est une illusion est une évidence qui doit être vécue lors d'un état de méditation car autrement c'est juste un dogme parmi d'autres...
Et ça ne signifie pas remettre en cause la réalité concrète de illusion en tant que douleur (symptômes) psychiques ou traces amenant des impulsions comportementales.

Les maîtres indiens reconnaissent bien que le monde est Maya et qu'il faut en sortir mais ils aident pourtant leur prochain même celui dans le besoin matériel quand il le peuvent.
La souffrance est illusion pour celui qui en a vécu la vérité ultime, pour l'autre, elle est présente et aucun refoulement ne l'en guérira.

Pour les deux, cela n'empêche pas son expression, mais de mieux gérer l'importance qu'on lui accorde.

Il n'y a que le travail sur soi qui guérit. L'éveil (la percée hors de la dualité qui amène l'évidence que la manifestation n'a aucune réalité) ne guérit pas car il infuse bien au delà du personnage incarné (celui qui souffre en tant qu'humain).
Et les deux coexistent au moins un moment: le Soi éveillé à la réalité profonde de la vie et le moi souffrant et trimant pour s'en sortir, qu'il faut soigner et même chérir comme un petit enfant, car c'est ce qu'il est dans sa nature.

Donc évidemment que savoir que la souffrance est illusion (surtout si c'est une prise de conscience juste mentale) ne permet pas de s'en débarrasser. A mon sens celui qui prétendrait l'inverse serait suspect.


Dernière édition par Hridaye le Sam 8 Sep - 15:03, édité 1 fois (Raison : Fautes de syntaxes, d'orthographe et répétitions)

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Re: Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

Message par Ptah le Sam 8 Sep - 13:25

@Hridaye a écrit:La spiritualité n'est pas une thérapie ou elle se fourvoie. Ou alors parlons plutôt de développement personnel.
En tout cas la voie initiatique ne l'est pas.
Exactement.
Là où finit la psychologie, commence la spiritualité.


@Hridaye a écrit:
Les maîtres indiens reconnaissent bien que le monde est Maya et qu'il faut en sortir mais ils aident pourtant leur prochain même celui dans le besoin matériel quand il le peuvent.

Tout à fait, puisque si on est uni au monde, alors la souffrance de l'autre est notre propre souffrance.
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Re: Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

Message par Arpège le Sam 8 Sep - 17:48

@Elea a écrit:@Sofiane
"Je pense également que l'on ne peut se délester de ce qui a eu lieu. En revanche, ces marques, ce socle bancal, ces conditionnements, ces failles n'ont-ils pas participé, en quelque sorte, à la Personne que tu es aujourd'hui ?"
C'est bien ça le problème! La personne que je suis aujourd'hui ne me convient pas du tout...

C'est ce que j'essaie d'exprimer lorsque je dis que le masque qui nous aide à affronter la réalité relative et qui participe à la Personne que l'on montre peut se révéler être aussi notre ennemi et que l'on peut alors manquer d'authenticité si la personne "parfaite" que l'on souhaite devenir n'est pas celle que nous sommes ).

Azaël a écrit:Nous portons souvent un regard dure et négatif sur nous même quand nous avons l'impression de ne pas être à la hauteur.
Et il s'agit souvent d'un cercle vicieux effectivement.
Il peut être judicieux de ce poser alors la question du regard que nos parents ont porté sur nous dans notre enfance.
Était-il valorisant ?
Nous sommes nous senti soutenu ?
Nous ont-ils "portés" ?
Etc.
Peut-être, qu'à tord ou à raison, que les réponses à ces questions sont négatives.
Difficile alors d'être indulgent avec soi même, de porter un regard positif sur nous même...
Mais pas impossible.
Il faut alors se construire un bon papa et une bonne maman intérieurs, un moi parent doux et compréhensif, indulgent et juste.
Il faut se détacher de se modèle parental que l'on reproduit sans cesse pour construire autre chose.
D'abord l'indulgence : j'ai fait et je fais de mon mieux.
Ensuite une bonne écoute de son intérieur et de ses besoins.
Lorsque le "moi enfant", le "moi adulte" et le "moi parent" fonctionne en harmonie il devient impossible de se juger et par conséquence il devient plus facile de ne pas juger les autres car on développe la même indulgence pour eux (cela ne veut pas dire accepter tout et n'importe quoi sinon l'équilibre est rompu mais on acquière alors une autre façon de se faire respecter).

Oui, c'est tout à fait ce que je pense; A tort ou à raison (j'aime bien ta précision), mais tout à reconstruire, être son propre parent doux et bienveillant et à son tour prendre l'enfant intérieur qu'on a été et le rassurer;

Et comme tu le dis, développer cette bienveillance envers soi en sachant qu'on a fait de son mieux, et éprouver ainsi plus de compassion pour les autres, parce que dans leur différence, ils sont semblables à nous aussi.
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Re: Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

Message par Invité le Jeu 4 Oct - 9:09

Épictète ne semble pas nous donner le détachement de SOI comme quelque chose de sérieux ou de léger, de joyeux ou de triste, mais bien tout a la fois.
le stoïcisme n'est pas l'absence de sentiment ou d'émotion , il est la prise de recul sur les sentiments et les émotions, sans les effacer. Ils doivent rester intact.
c'est en cela que cette pensée est trés difficile a atteindre, car la subtilité nous échappe.

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Re: Jugement de l’autre et jugement de soi - Epictète

Message par Sod le Jeu 4 Oct - 9:25

Bien vu pour la relance de ce topic, ça me semble d'actualité
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