Kintsugi, métaphore de la résilience

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Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Jeu 17 Mai - 20:47




Kintsugi


Au Japon des artistes réparent notamment les céramiques cassées et mettent en exergue les parties endommagées en remplissant d’or les fractures.

Selon cette tradition, les japonais soutiennent que lorsque quelque chose a subi un dommage, un traumatisme, un accident, il a une histoire et en devient plus beau.

L’art traditionnel japonais de la réparation de la céramique cassée à base d’une colle et de poussière d’or s’appelle Kintsugi.




Non seulement la céramique est réparée mais elle en devient plus résistante notamment aux endroits des anciennes cassures et fêlures. Plutôt que de tenter vainement de dissimuler les défauts, les crevasses, cet art les célèbre puisque ces accidents deviennent partie intégrante de l’objet et renforcent son identité et sa singularité.

Cette démarche s’appelle le Kintsukuroi qui se comprend comme un embellissement de l’objet après qu’il ait été brisé puis restauré.

Et si nous entendions cette métaphore comme une remarquable opportunité à nous appliquer à nous même ?

Et si nous considérions toute thérapie ou psychanalyse éthiques comme une occasion que nous nous donnons de mettre en exergue ce qui nous singularise et fait de nous l’être unique que nous sommes ? C’est précisément à la faveur de contingences et de malencontres que nous nous construisons et apprenons tout d’abord comment s’exprime notre symptôme mais surtout ensuite, dans quelle direction nous devons aller pour aller à la rencontre de notre propre désir.

http://www.therapiepsyparis.com/reconstruction-et-traumatisme-la-resilience/



Kintsugi/Kintsukuroi ou la valeur de la fêlure:

(...)
Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du xve siècle, le shogun Ashikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus esthétique. Cela relève d’une philosophie qui prend en compte le passé de l’objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu’il a pu connaitre. La casse d’une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d’un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s’agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.


https://www.julie-goulet.com/actualites/le-kintsugi-metaphore-de-la-resilience





Kintsugi head, Sculpture de Sally Hanreck. Australie.
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Miwae le Dim 20 Mai - 23:20

C'est beau, très
J'avais commencé une session photo avec des modèles afin de prendre leurs cicatrices physiques, dans la même symbolique que ton article, afin d'en faire de belles tofs pour ne pas cacher les cicatrices mais montrer qu'elles sont le résultat de qui nous sommes, de notre parcours de vie etc comme les rides. J'ai laissé en suspend pour le moment, mais ton article m'y renvoies du coup, merci I love you
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mar 22 Mai - 8:29


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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mar 22 Mai - 8:59

Quelques extraits du livre "Kintsugi, l’art de la résilience" de Céline Santini  
(Editions First, 2018.)




Like a Star @ heaven Honorez-vous !

"(...) Choisissez en conscience de prendre soin de vous ; mais, aussi, qu’on prenne soin de vous… Si vous vous contentez de maquiller ou panser vos plaies, elles risquent de se rouvrir. Prenez la décision de vraiment guérir, quitte à patienter de longs mois, couche après couche. Vous le méritez ! HonORez-vous ! (…)"




Like a Star @ heaven Enlever les couches de protection

"C’est une belle métaphore de la démarche de guérison et de développement personnel, dans laquelle on polit progressivement ses pensées, ses souvenirs, ses traumatismes, ses croyances et ses sentiments, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus ni douleur ni danger… Petit à petit, on enlève des couches d’émotions, qui nous servaient en fait de protection contre les autres, et contre nous-mêmes. On atteint progressivement le cœur de notre être, le véritable "soi". C’est très déstabilisant: nos croyances, nos réflexes conditionnés et nos émotions automatiques nous ont servi de structure, de repère, pendant toutes ces années. Notre cœur est à nu. Mais, peut-être pour la première fois depuis longtemps, on est enfin authentique. Sans carapace. Il est désormais temps d’enlever le masque, et se montrer au-delà des apparences…(…)"



Like a Star @ heaven Choisir de resplendir

"Resplendir, c’est donc un choix. Tel un Kintsugi vivant, changez de regard sur vous-même et assumez votre lumière et votre véritable beauté. Prenez quelques instants pour observer sur votre corps les signes du passage du temps. Cette cicatrice, cette rougeur, ces cheveux blancs, cette ride, cette tâche de naissance qui témoignent de votre histoire et vous rendent tellement humain… (…)"






Like a Star @ heaven Chérir ses cicatrices

"Comme l’objet cassé et réparé qui expose fièrement ses failles, observez et assumez vos erreurs et vos douleurs. Chérissez vos cicatrices ! Elles vous montrent le chemin que vous avez parcouru… Témoins de vos expériences et de votre passé, elles vous disent: tu as vécu, et tu as survécu ! Il ne s’agit pas de cultiver une nostalgie complaisante qui vous tirera vers le bas. Mais de se souvenir de votre vécu, le rappeler à votre mémoire pour vous en servir de point d’appui vers un nouveau cycle.(…)"



Like a Star @ heaven S’assumer, parfaitement imparfait

"Mettez à l’honneur votre parcours unique, avec ses "accidents", qu’ils soient physiques ou psychologiques. Ils vous ont aidé à vous construire… Aujourd’hui, vous les avez surmontés, et c’est paradoxalement grâce à eux que vous avez développé votre résilience et de nouvelles forces. Parfois, le passé affleure encore à la surface: ne lui laissez plus le contrôle de votre vie. Au contraire, montrez avec fierté à vous-même et au monde entier de quoi vous êtes capable. Redressez-vous avec panache ! Reconnaissez la splendeur, la force, et la beauté qui sont en vous. Elles ont toujours été là, mais les épreuves vous ont transmis le supplément d’âme qui vous manquait pour vous révéler. Le Kintsugi vous apprend à assumer cette nouvelle noblesse. Soyez fier de ce que vous êtes devenu. De qui vous êtes… Parfaitement imparfait…(…)"



Like a Star @ heaven S’ouvrir à la voie du Kintsugi, la Kintsugi-Dô

"Oui, la vie peut basculer en une semaine, une journée, une minute, une seconde. Dans un sens, ou dans l’autre. Au lieu de vouloir enfoncer à coup de bélier des portes fermées, comme je l’ai fait si souvent, je vous invite à vous laisser surprendre : parfois, c’est la porte d’à côté qui s’ouvre… Mais, aussi, à enlever vos barrières de protection. A ne plus remiser au fond d’un placard ou d’un coffre cadenassé tous vos trésors pour ne pas qu’ils s’abîment ou se brisent par inadvertance… Au contraire, savourez-les, utilisez-les tous les jours, laissez-leur une chance de se "frotter" à la réalité. Peut-être, en effet, seront-ils cassés par accident… Mais pour devenir encore plus précieux, une fois cicatrisés d’or. Laissez une chance à la vie de vous transformer : empruntez la Kintsugi-Dô, la Voie du Kintsugi… (…)"
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mar 22 Mai - 9:12



Le Maître Kintsugi et la Voie (Dô)

"Le Maître Kintsugi dose chacun de ses gestes pour trouver, comme en calligraphie, le trait parfait, fin et précis, pour recouvrir chaque ligne de faille. C’est une étape importante, car si la couche est trop épaisse, elle sèchera de façon grossière, ridée à la surface.
Il doit donc être parfaitement centré et concentré pour maîtriser son geste, dans un état second, proche de la méditation: ici, et maintenant, plus rien n’existe que ce trait de laque.
Toute son énergie est concentrée dans cet instant, dans cette ligne tracée d’un seul souffle. Il est le pinceau, il est le bol, il est l’univers tout entier, et l’univers tout entier est contenu dans ce trait et dans ce souffle. (…)"

(Ext. "Kintsugi, l’art de la résilience" de Céline Santini)

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Invité le Mar 22 Mai - 9:51

...

sunny

Merci Kolam pour ce beau sujet

qui ne laisse pas indifférent...



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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Miwae le Mar 22 Mai - 12:19

Les textes sont magnifiques Kolam C'est ce qu'est une démarche spirituelle pour moi, strates après strates, aller à sa rencontre pour se re-découvrir.
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kouen le Mar 22 Mai - 17:41

Merci aussi pour ce partage, j'ai bien aimé,
et je ne connaissais pas en plus....  I love you
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Loryan le Mar 22 Mai - 17:50

Très intéressant comme concept.

C'est bête, mais un jour je suis allé à la SPA pour éventuellement prendre un chat.

Il y en avait un qui avait un oeil crevé (ouais c'est pas top je sais). Il était d'une gentillesse.... j'avais envie de le prendre avec moi... de l'adopter.
Il était si singulier, que de tendresse et d'affection pour un vécu si tragique.
je n'ai pas osé le prendre, sans doute parce que je cherchais plus un chaton, aujourd'hui je le regrette.

Ton sujet Kolam m'a rappelé que si qui rend parfois les gens si unique, si attachant.. ce sont leurs blessures ou plus exactement la réparation de leurs blessures.

Des objets brisés, des gens brisés...
Mais quand ils se tiennent devant vous comme ça avec l'unicité de leurs parcours, avec toutes ces fissures réparées, toutes ces victoires collées les unes aux autres...
Respect !!

On croit souvent qu'exister c'est être conforme à l'original du début à la fin.

Et si exister c'était tout simplement "kintsugi" ?
ce que nous sommes aujourd'hui ne peut qu'être la beauté de nos blessures réparées, de nos morceaux recollés.

sunny

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kouen le Mar 22 Mai - 18:06

@Loryan a écrit:
ce que nous sommes aujourd'hui ne peut qu'être la beauté de nos blessures réparées, de nos morceaux recollés.

sunny

c'est  juste  sunny
quand on est dans l'acceptation de nos transformations,
quelles soient physiques ou mentales, on ne devrait pas cacher nos cicatrices, au contraire,
les honorer comme des trophées, s'assumer tel quel, parfois c'est évident, d'autrefois cela
l'est moins, car je pense que nous sommes peut être en cours de "cicatrisation" de quelque chose...?! cela nous demande du temps et alors l'occasion présente nous échappe,
mais d'autres viendront... Wink cat  
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Mimy le Mar 22 Mai - 19:36

J'ai regardé un film japonais, je n'arrive pas me souvenir son nom , qui est justement fait à partir de cet art.
Si je le trouve je le poste ici.
Merci Kolam.
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Rose le Mar 22 Mai - 20:36

Merci pour ça, Kolam :

"Le Maître Kintsugi dose chacun de ses gestes pour trouver, comme en calligraphie, le trait parfait, fin et précis, pour recouvrir chaque ligne de faille. C’est une étape importante, car si la couche est trop épaisse, elle sèchera de façon grossière, ridée à la surface.
Il doit donc être parfaitement centré et concentré pour maîtriser son geste, dans un état second, proche de la méditation: ici, et maintenant, plus rien n’existe que ce trait de laque.
Toute son énergie est concentrée dans cet instant, dans cette ligne tracée d’un seul souffle. Il est le pinceau, il est le bol, il est l’univers tout entier, et l’univers tout entier est contenu dans ce trait et dans ce souffle. (…)"

Centré et concentré,
dans la résilience,
chaque instant est précieux ...

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mar 29 Mai - 9:10

Merci Rose

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autour du mausolée
de quelles souffrances vous souvenez-vous ?

Bashô Matsuo




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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par porte le Mar 29 Mai - 22:55

Dans ces formes vivantes que nous portons, il y a les blessures qui se voient et celles qui ne se voient pas, il y a aussi celles guéries que l'on ne voit plus et celles qui restent ouvertes, encore en voie de résorption ou d’aggravation.

Certaines se propagent en d'autres endroits et contaminent son entourage, certaines attirent l'attention, certaines repoussent.

Y a t-il des cassures laides ou belles, d'autres que l'on réparent et d'autres qui profondes qu'elles ouvrent l'intérieur vers une souffrance qui va conduire à l'abandon, ou sont-elles seulement un art de prendre des risques, s'aventurer et comprendre nos fragilités pour en faire des forces nouvelles...en aucun cas l'on ne peut les comparer à des objets.

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Mais sont ce qu'elle permet sans intervenir,
Laissant la Vie tirer la force dans nos faiblesses
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mer 30 Mai - 8:30

@Porte a écrit:
en aucun cas l'on ne peut les comparer à des objets.

Non, en effet. Si tu fais référence au parallèle entre le Kintsugi et la résilience, cela est présenté ici comme une métaphore. (comme on pourrait certainement en utiliser d'autres).
La métaphore est contenue ici dans ce que cela symbolise, et dans tout ce que cela recèle de "révélateur" dans la mise en acte(s).
Ici on ne compare pas un pot cassé avec un être humain. La métaphore est bien au-delà de ça.

Et au-delà d'une "mise en acte(s)", pour moi cet article parle d'une mise en "ouverture" (en)vers soi-même, qui permet la création d'un espace, dans le temps et en soi, pour "prendre soin" de soi (dans sa globalité), se donner le temps et l'attention et parfois se reconstruire.
(A la fois en se retrouvant, en se redécouvrant et en se découvrant.)
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Rose le Mer 30 Mai - 12:37

Dans cette métaphore, on peut y découvrir
que la résilience ouvre à la transformation,
que les blessures recèlent des trésors
insoupçonnés de nous mêmes
et que la résilience révèle.

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par porte le Mer 30 Mai - 17:52

@Kolam a écrit:
@Porte a écrit:
en aucun cas l'on ne peut les comparer à des objets.

Non, en effet. Si tu fais référence au parallèle entre le Kintsugi et la résilience, cela est présenté ici comme une métaphore. (comme on pourrait certainement en utiliser d'autres).
La métaphore est contenue ici dans ce que cela symbolise, et dans tout ce que cela recèle de "révélateur" dans la mise en acte(s).
Ici on ne compare pas un pot cassé avec un être humain. La métaphore est bien au-delà de ça.

Et au-delà d'une "mise en acte(s)", pour moi cet article parle d'une mise en "ouverture" (en)vers soi-même, qui permet la création d'un espace, dans le temps et en soi, pour "prendre soin" de soi (dans sa globalité), se donner le temps et l'attention et parfois se reconstruire.
(A la fois en se retrouvant, en se redécouvrant et en se découvrant.)


Salutation,

1)Les parallèles ne se rencontrent jamais il me semble…mais j’avais bien compris l’objet de la métaphore. Ne connait-on sin peu l’être humain pour en faire des métaphores. Bon il y a le côté récupération art-symbole que j’ai bien saisi, ainsi que l’art-thérapie et toutes autres expressions de même démarche.

2)Quant à dire que l’on ne compare pas le Kintsugi à l’être humain, regarde bien les photographies de sculptures postées et de quoi elles sont emplies.

3)Alors si la métaphore doit s’appliquer, quels en sont les ingrédients physiques, psychologiques, sociaux, émotionnels, mentaux, comportementaux, transcendants, alchimiques, atmique, spirituels ?

4)Comme la guérison vient du changement d’état d’esprit, la partie ancienne n’apparaît plus. Toutes traces extérieures ne sont que l’incidence d’une circonstance intérieure, même la maladie et les accidents. L’esprit en est le cœur, la suite est projetée dans le créé pour en avoir l’expérience et la compréhension pour que la conscience de la responsabilité s’opère.

5)Si l’on pouvait prendre une métaphore plus prégnante je me rapprocherais sans aucun doute de notre chère planète terre avec toutes ses meurtrissures à laquelle nous ressemblons tant et dont nous sommes si peu conscient de son importance, ses dons, sa vie et ce qu’elle nous offre. Nous avons bien plus en commun que ce qui nous différencie. On peut prendre tout bonnement l’ADN d’un singe et celle d’un être humain par exemple, 98°/° en commun.

6)Souvent, il y a blessure, là où il y a incompréhension sur le vécu et que l’esprit du vivant nous met en situation d’expérimenter pour grandir, la métaphore n’entre pas dans ce contexte, telle qu’elle est présentée, à savoir : on ne recolle pas morceaux, on trouve des alternatives, des « autrements », une capacité à se transformer à partir d’une nouvelle compréhension passant par différents stades jusqu’à l’acceptation et l’auto-responsabilité de nos choix, soient-ils inconscients, à demi-conscients, conscients. Un objet n’a pas ces choix.

7)Le dessein de l’Âme se découvre au-delà de la résilience, un autre cap se doit d’être franchi sur la voie du « qui suis-je », où vais-je, d’où je viens ?
Au terme de ces processus, il n’est plus question de recoller quoique ce soit mais un nouveau paradigme, un nouveau modèle s’ouvre et un nouveau vase nous est donné, car l’ancien sera détruit.

*Ceci dit, je trouve la démarche belle et enrichissante et j’avais envi de la conduire au-delà. Merci pour ce sujet de grand intérêt.

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mer 30 Mai - 18:25

C'est délicat Porte, parce que ce sujet est un ressentit plutôt "interne" voire intime à chacun(e).
Chacun(e) a un regard et/ou un écho (ou pas) par rapport à cela, et aussi un langage plus ou moins personnel pour décrire certaines choses.
Je vais néanmoins essayer de repréciser mon propre sentiment là-dessus...

La métaphore est entre le Kintsugi (qui est une "réalisation" de) et la résilience.
C'est une attention à', une disposition/ouverture à', pour aller vers...
De mon point de vue, c'est très bien décrit plus haut.

@Porte a écrit:
Ne connait-on si peu l’être humain pour en faire des métaphores. Bon il y a le côté récupération art-symbole que j’ai bien saisi ainsi que l’art-thérapie et toutes autres expressions de même démarche.

La "métaphore" n'a pas attendu le Kintsugi pour exister et accompagner l'existence de l'être humain et son expression depuis très très longtemps il me semble... En particulier dans la poésie et dans l'art en général, non ?  Wink
Et pour certaines personnes, en effet, la résilience empruntera le chemin de l'expression artistique. Chacun(e) son chemin, comme dans la chanson... Very Happy

@Porte a écrit:
2)Quant à dire que l’on ne compare pas le Kintsugi à l’être humain, regarde bien les photographies de sculptures postées et de quoi elles sont emplies.

Non, on ne compare pas le Kintsugi à l'être humain, mais au processus de résilience.
Le Kintsugi est un processus.
Et ces photos artistiques sont pour moi une expression symbolique de la résilience, oui.

Et quand je lis le 6 et le 7, je ne pense pas le contraire, c'est exactement ça.
Il n'est dit nulle part qu'on "recolle les morceaux" comme c'était avant. Bien sur que non.

@Porte a écrit:on trouve des alternatives, des « autrements », une capacité à se transformer à partir d’une nouvelle compréhension passant par différents stades jusqu’à l’acceptation et l’auto-responsabilité de nos choix, soient-ils inconscients, à demi-conscients, conscients

Oui, voilà; et c'est "Kintsugi.
La résilience est toujours un "autrement".
Et l'essentiel dans tout cela, pour chacun(e), est de trouver le chemin et les moyens d'aller vers cet "autrement".
 
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Totem le Mer 30 Mai - 18:26

@porte a écrit:

6)Souvent, il y a blessure, là où il y a incompréhension sur le vécu et que l’esprit du vivant nous met en situation d’expérimenter pour grandir, la métaphore n’entre pas dans ce contexte, telle qu’elle est présentée, à savoir : on ne recolle pas morceaux, on trouve des alternatives, des « autrements », une capacité à se transformer à partir d’une nouvelle compréhension passant par différents stades jusqu’à l’acceptation et l’auto-responsabilité de nos choix, soient-ils inconscients, à demi-conscients, conscients. Un objet n’a pas ces choix.

7)Le dessein de l’Âme se découvre au-delà de la résilience, un autre cap se doit d’être franchi sur la voie du « qui suis-je », où vais-je, d’où je viens ?
Au terme de ces processus, il n’est plus question de recoller quoique ce soit mais un nouveau paradigme, un nouveau modèle s’ouvre et un nouveau vase nous est donné, car l’ancien sera détruit.


*Ceci dit, je trouve la démarche belle et enrichissante et j’avais envi de la conduire au-delà. Merci pour ce sujet de grand intérêt.

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Je suis en phase avec ce qui est écrit là et c'est après que l'ancien vase ait été détruit que l'on comprends mieux la raison des blessures passées et qu'elles devaient avoir lieu pour réveiller le dormeur, car quelques claques ou un seau d'eau n'aurait pas suffit. Wink
La résilience est un concept qui concernait les matériaux et repris par Boris Cyrulnik en science humaine.
Dépasser les traumatismes pour se projeter dans l'avenir est quelque chose par lequel sont passés et passent encore beaucoup d'êtres humains mais au delà de cette résilience il y a une autre étape et non des moindre, c'est celle de la connaissance de Soi et en cela le ou les traumatismes sont le point de départ vers cela, mais il y a des pertes en chemin à cause d'une méconnaissance du processus. La résilience donc serait si on reste dans la métaphore une réparation du vase qui va l'embellir, mais "dépasser" la résilience serait la réparation du vase de manière magique supprimant toutes les traces de brisures et le rendant lumineux.
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par porte le Mer 30 Mai - 18:52

Spoiler:

@Kolam a écrit:C'est délicat Porte, parce que ce sujet est un ressentit plutôt "interne" voire intime à chacun(e).
Chacun(e) a un regard et/ou un écho (ou pas) par rapport à cela, et aussi un langage plus ou moins personnel pour décrire certaines choses.
Je vais néanmoins essayer de repréciser mon propre sentiment là-dessus...

La métaphore est entre le Kintsugi (qui est une "réalisation" de) et la résilience.
C'est une attention à', une disposition/ouverture à', pour aller vers...
De mon point de vue, c'est très bien décrit plus haut.

@Porte a écrit:
Ne connait-on si peu l’être humain pour en faire des métaphores. Bon il y a le côté récupération art-symbole que j’ai bien saisi ainsi que l’art-thérapie et toutes autres expressions de même démarche.

La "métaphore" n'a pas attendu le Kintsugi pour exister et accompagner l'existence de l'être humain et son expression depuis très très longtemps il me semble... En particulier dans la poésie et dans l'art en général, non ?  Wink
Et pour certaines personnes, en effet, la résilience empruntera le chemin de l'expression artistique. Chacun(e) son chemin, comme dans la chanson... Very Happy

@Porte a écrit:
2)Quant à dire que l’on ne compare pas le Kintsugi à l’être humain, regarde bien les photographies de sculptures postées et de quoi elles sont emplies.

Non, on ne compare pas le Kintsugi à l'être humain, mais au processus de résilience.
Le Kintsugi est un processus.
Et ces photos artistiques sont pour moi une expression symbolique de la résilience, oui.

Et quand je lis le 6 et le 7, je ne pense pas le contraire, c'est exactement ça.
Il n'est dit nulle part qu'on "recolle les morceaux" comme c'était avant. Bien sur que non.

@Porte a écrit:on trouve des alternatives, des « autrements », une capacité à se transformer à partir d’une nouvelle compréhension passant par différents stades jusqu’à l’acceptation et l’auto-responsabilité de nos choix, soient-ils inconscients, à demi-conscients, conscients

Oui, voilà; et c'est "Kintsugi.
La résilience est toujours un "autrement".
Et l'essentiel dans tout cela, pour chacun(e), est de trouver le chemin et les moyens d'aller vers cet "autrement".
 
*En accord, mon intention était d'aller plus avant vers ce nouvel habit, cette nouvelle livrée qui se tient dans la lumière et qu'il faut bien briser effectivement cette coquille qui la cache.

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mer 30 Mai - 19:00

Merci Porte sunny
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par tangolinos le Mer 30 Mai - 19:11

Bonsoir

ce sujet est succulent, puisque nous avons oublié que pour apprendre à marcher nous sommes plein de fois tombés.
On peut dire alors que notre marche est dorée, et que ce doré nous fait oublier toutes nos chutes…
Aurions-nous pu apprendre à marcher sans se casser la gueule ?

@Kolam
Merci beaucoup d’ avoir exposé ce Kintsugi, qui nous renvoie à une prise de conscience sur la teneur de notre réalité, puisque nous aurions plutôt tendance à oublier tous les échecs qui ont forgé notre réussite…
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tangolinos

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Sam 2 Juin - 16:26


Merci tangolinos. sunny

Le chemin d'une vie humaine est peut-être déjà celui d'une résilience... depuis la mise au monde...



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"La métaphore du tricot de la résilience permet de donner une image du processus de la reconstruction de soi. Mais il faut être clair : il n'y a pas de réversibilité possible après un trauma, il y a une contrainte de la métamorphose. Une blessure précoce ou un grave choc émotionnel laissent une trace cérébrale et affective qui demeure enfouie sous la reprise du développement. Le tricot sera porteur d'une lacune ou d'un maillage particulier qui dévie la suite du maillot.
Il peut redevenir beau et chaud, mais il sera différent. Le trouble est réparable, parfois même avantageusement, mais il n'est pas réversible.

Les Vilains Petits Canards - Boris Cyrulnik
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Kolam

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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par tangolinos le Dim 3 Juin - 20:11

Salut Kolam

Ahlala… suite à ton merci, je voudrais encore te remercier… un peu comme si nos remerciements ne pouvaient être qu’ infinis…

Oui cette idée que nous ne soyons conscient que de l’ émergence de l’ iceberg que nous sommes, m’ interpelle.
Et effectivement, il me semble bien que notre conscience ne peut accueillir que ce qu’ elle peut, et pour se faire, le mieux serait d’ évacuer tous les blocages, et donc cette histoire de dorer les cicatrices comme le propose le Kintsugi me semble bien précieux comme attitude à adopter.

En effet, les choses les plus précieuses qu’ on puisse partager sont les témoignages de nos souffrances.

C’est un peu comme si on savait où on va et qu’il nous était interdit de le dire, et qu’on ne pouvait témoigner que des impasses à éviter.
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

Message par Kolam le Mar 5 Juin - 10:54


sunny



"Tout chemin est d’abord enfoui en soi avant de se décliner
sous les pas, il mène à soi avant de mener
à une destination particulière.
Et parfois il ouvre la porte étroite qui aboutit à la transformation heureuse de soi."

David Le Breton

Ext. Kintsugi - Un voyage initiatique au coeur de l'être, Marilou Brousseau. (Chapitre 1 - À l’état de rêve)
http://docplayer.fr/51807716-Kintsugi-marilou-brousseau.html




https://www.alain-collet.com/nepal/Kang/Kang08.html




Préface (Extraits), par Jacques Bonhomme, psychophonologue et formateur en expression vocale:


"Le papillon monte au ciel en titubant comme un ivrogne. C'est la bonne façon."

Cette phrase de Christian Bobin illustre bien, quant à moi, cette magnifique histoire de quête. Pour aller à la rencontre de soi-même, prendre le chemin de l'Himalaya, ne faut-il pas passer par des endroits parfois sinueux ?
(...)

J'ai beaucoup lu et cherché pour me retrouver nu au cœur de mes faiblesses. Je ressens ainsi que la quête du véritable savoir ne se situe pas tellement dans la quantité de mes expériences, mais dans la nudité de mes doutes et de mes blessures intérieures.
Dans cette faiblesse et cette fragilité réside peut-être le nectar bien caché de la réalisation de ce que je suis véritablement. Alors, pareillement à Paul de Tarse, je peux dire que si je me glorifie, c'est de ma faiblesse dont je me glorifierai.
Cette recherche de Kintsugi, c'est donc un peu moi, un peu chacun de nous avec ses blessures.

Khalil Gibran écrivait:
"Ce qui semble être le plus faible et le plus égaré en vous est le plus fort et le plus déterminé."
C'est de cette faiblesse qui pousse à la quête de moi-même que me parle cette histoire.
Le symbole du vase cassé, réparé par des coulis d'or, est absolument magnifique. Quant à l'image du coulis, représenté par des mots prononcés avec justesse et dans une écoute authentique, demeure pour moi d'une grande exactitude.
Sans les mots, certains de mes maux n'auraient pu évoluer et se transformer. Le mot n'est-il pas tantôt évocation, invocation, convocation ou provocation ?
Dans l'espace de ce monastère, le mot résonne d'un silence prêt à l'accueillir.
Accueillir le mot évoquant, mais aussi le chant invoquant.


"Ce que le cri déchire, le chant recoud", disait Carole Martinez dans son magnifique livre "Du domaine des murmures". C'est là tout le sens du mantra: une répétition qui recoud, qui répare, qui invoque.
De la répétition inconsciente des schémas à la répétition consciente des mantras, il y a seulement transformation de l'énergie par l'émergence de la conscience réparatrice.
La libération des mémoires enfouies jusque dans la matière corporelle peut alors s effectuer doucement, l'espace d'un chant répété.
Il me suffit de demeurer à l'écoute et de me laisser trouver par Kintsugi, car mes pérégrinations personnelles comme professionnelles m'ont appris que l'égo ne peut rien chercher d'autre que lui-même et qu'au bout du bout, mes blessures m'invitent à me laisser trouver.
C'est là qu'elles prennent tout leur sens, et cette conscience est le coulis qui répare.

Alors oui ! Oṃ maṇi padme hūṃ, ce mantra de la compassion peut éveiller ce joyau dans le lotus qui est peut-être ce moi véritable, cet Himalaya de l'intérieur qui ne m'a jamais quitté, mais que mes souffrances m'ont permis de rencontrer.
De la quête du passé à la quête de l'être, ce voyage initiatique, celui de Marilou comme celui de chacun d'entre nous, nous amène à nous interroger sur la notion même de voyage.

Chaque instant mène au but, car Kintsugi se trouve dans chaque pas.
Maître Eckhart nous rappelle que pour celui qui voyage horizontalement les murs sont des obstacles et que pour celui qui voyage verticalement les murs sont des chemins.
Ce voyage orchestré par Marilou Brousseau est une invitation à cette verticalité qui transforme la blessure et répare le vase que nos existences incertaines et nos histoires en apparence insensées ont ébréché.

J'aime la façon dont Marilou Brousseau raconte cette histoire, car elle lui ressemble dans sa simplicité et son élan vital. La voix est présente dans cet ouvrage à travers les dialogues, les silences sous-jacents et les introspections. Elle est aussi présente par les mantras. Il faut quelquefois répéter volontairement pour cesser de répéter automatiquement ce que dictent les vieilles mémoires.
Ce livre me met en résonance et m'invite à chanter et me rappeler qu'à travers le chant, l'homme cherche à célébrer et à se réparer.
Kintsugi est peut-être aussi ce chant qui nous cherche de l'intérieur et qui ne cesse de pousser en nous. Autant que les mots qu'elle porte, la voix est ce coulis réparateur. Cette voix, je la retrouve dans le silence de ce monastère comme un onguent. C'est à travers elle que j'ai bâti mon métier. Elle est devenue un objet à travers lequel s'effectue en moi la quête de l'essentiel.

Elle est pour moi réparation des blessures et des non-dits de l'enfance. Elle est cet entre-deux du corps et de l'esprit. Je pratique entre autres le mantra à travers mes animations et je sais combien cette répétition 'volontaire' draine la matière émotionnelle et devient passage vers la transparence à l'être". (...)

J. Bonhomme
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Re: Kintsugi, métaphore de la résilience

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